Saint Vit 01 06 2024

Il y avait de l’animation ce samedi, dans la zone dite des Champs-Chevaux. Au cœur de ces vingt hectares situés le long de la départementale 673 à Saint-Vit, la résistance s’est en effet organisée le temps d’une journée. Une lutte qui vise à endiguer les velléités du Grand Besançon Métropole (GBM), souhaitant transformer le site en zone d’activité économique. Un projet qui suscite l’opposition d’agricult·eur·rice·s, riverain·e·s et habitant·e·s, rejoint·e·s par diverses organisations telles que la Confédération Paysanne, l’association de défense des Vals de Sobant et de la Sonoche ainsi que les Soulèvements de la Terre.

Alors que la ville de Besançon est déjà embourbée avec « l’éco-quartier » des Vaîtes, un nouveau front semble définitivement s’ouvrir sur son flanc sud-ouest. Le second d’une longue série, peut-être ? Avec l’explosion des programmes analogues dans la région, c’est en tout cas ce que pronostiquent les activistes présent·e·s. Mais en attendant, leurs regards se portent sur ces parcelles promises au béton, juchées entre Dannemarie-sur-Crête et Velesmes-Essarts. Pendant quelques heures, une bonne centaine de personnes a pris place au milieu des labours et semis, sorte de véritable petite ZAD instaurée sous la surveillance d’un important dispositif policier.

Au préalable, le public a pu visiter cet espace et y découvrir sa faune et sa flore. Sous l’œil avisé des naturalistes Marie-Jeanne Galliot et Daniel Courtois, fleurs, arbres et autres plants ont été restitués au plus grand nombre. Avant de poursuivre avec une table ronde, sous l’égide de divers·es intervenant·e·s. Un débat sur l’artificialisation des terres, qui a vu les élu·e·s Anthony Poulin et Lorine Gagliolo expliquer leurs positions. « Il avait été retenu 220 hectares d’urbanisation ces prochaines années, nous sommes passés à 75. Mais nos voix sont minoritaires, sans l’appui des citoyen·ne·s il nous est difficile de faire pencher la balance » ont-ielles plaidé.

Une défense qui n’a pas fait l’unanimité, la plupart des participant·e·s reprochant à la majorité EÉLV ses attitudes ambiguës sur un certain nombre de questions liées à l’aménagement du territoire. À l’instar de Laurence Lyonnais, porte-parole régionale de la Conf’ Paysanne, demandant à ce que cette « tribune pro-GBM cesse », tout en stipulant aux intéressé·e·s « qu’ielles pourront bien compter sur les forces ici engagées pour mener la bataille. » Après les dissensions politiques, l’après-midi s’est achevée de façon conviviale entre repas à prix libre et concerts de variété. Un premier jalon posé, préfigurant probablement de prochaines suites légales et militantes.