Crise agricole, suite ou fin ?
Après le siège de Pouilley-Français le 2 décembre dernier, la mobilisation agricole contre les mesures sanitaires relatives à la « Dermatose Nodulaire Contagieuse » (DNC) avait enflammé plusieurs régions. Sous l’égide des syndicats « Coordination Rurale » (CR) et « Confédération Paysanne » (CP), les occupations s’étaient ainsi multipliées, en particulier dans l’Ouest, malgré des antagonismes parfois forts. La situation était entre-temps redevenue plus calme en Franche-Comté, à la suite d’une mobilisation gare-Viotte et d’un piquet protestataire sur le rond-point de Valentin. Le territoire étant même passé de zone « rouge » à « verte » la semaine dernière, avec un assouplissement des différentes règles destinées à limiter l’épidémie.
Mais, ainsi que nous l’observions déjà le 10 décembre à Besançon, les motifs d’inquiétude étaient loin de se limiter à cette seule problématique, la question du « Mercosur », un accord de libre-échange entre l’Union Européenne et l’Amérique du Sud, étant déjà largement palpable dans les discussions et sur les pancartes. Jusqu’alors bloquée, son adoption par l’Italie menace ainsi de remettre le feu aux poudres. La « FNSEA » et les « Jeunes Agriculteurs » (JA), centrales majeures jusqu’alors discrètes, n’hésitant plus, cette fois, à mener la fronde. Les centrales de Haute-Saône lançant les hostilités dès hier, avec des « actions coup de poing » sur divers axes routiers de Vesoul, Héricourt, Gy et Saint-Sauveur. Le début d’un nouvel embrasement général ?
Illustration d’en-tête : Aperçu de l’occupation du site des Mercureaux, le 27 janvier 2024.
