Aux municipales de Besançon, un paysage qui se recompose
C’est un bruit qui courait depuis déjà plusieurs semaines, mais qui s’est enfin précisé ce jeudi : si au niveau local, le socialiste Jean-Sébastien Leuba entendait mener une liste de centre-gauche autonome au premier tour, les instances nationales de son parti ont quant à elles préféré jouer l’alliance comme vœux de cette nouvelle année. Une décision à laquelle s’est finalement rangé le principal intéressé, avec l’essentiel des troupes qui le suivaient, dont « Cap-21 » et le « PRG ». Le tout formant ainsi un bloc « rose-vert-rouge », identique à la configuration de 2020 qui a concrétisé la majorité actuelle. Un dénouement qui a « soulagé » la maire sortante et candidate « les Écologistes » Anne Vignot, laquelle inaugurait d’ailleurs hier soir son local de campagne.
Quant à Nicolas Bodin, autre ponte à la rose, il est, sans surprise, rentré dans le rang, après avoir agité un temps le spectre de sa dissidence. Mais, alors qu’une myriade de formations souvent anonymes rejoignent cette synergie, l’issue n’a toutefois pas fait l’unanimité chez les ex-prétendant·e·s « modéré·e·s » ; « Place Publique », la confidentielle chapelle de Raphaël Glucksmann, préférant, seule, claquer la porte, excluant d’emblée toute idée de possible future entente avec les mélenchonnistes. Ainsi que l’espéraient certaines voix citoyennistes, une modeste union se dessinerait donc. Mais toujours sans « la France Insoumise » (LFI), portée par Séverine Véziès. Une liste désormais brandie comme un épouvantail par les plus tièdes, y compris dans la perspective du second tour, alors que l’ensemble des sondages prévoient un résultat final très serré.
La « candidate de rupture » tient en tout cas la ligne, entre un « QG » à Battant, une entrevue auprès de l’humoriste Guillaume Meurice et l’annonce d’une conférence avec la députée de Seine-Saint-Denis Nadège Abomangoli le 29 janvier prochain. Comme elle, mais cette fois au centre, Éric Delabrousse, sous l’étiquette « Horizons », organe lancé par l’ex-premier ministre macroniste Édouard Philippe, entend bien profiter de cette redistribution générale pour s’affirmer d’autant plus dans son espace politique. Malgré l’ouverture de son site officiel et la publication de quelques idées, telles qu’un aménagement complet de la place du Huit-Septembre 1944, sa figure semble avoir du mal à décoller. Un isolement qui pourrait presque le rapprocher de « Lutte Ouvrière », à la différence que Nicole Friess et ses camarades trotskystes ont, quant à elleux, choisi cette situation.
Référence de la droite, Ludovic Fagaut espère plus que jamais ravir la ville. Il multiplie les visites commentées et diffusées sur internet, envisageant de sonoriser certains sites et de placer massivement des luminaires jusqu’aux pieds des arbres. Au sein de ses allié·e·s, la panique gagne toutefois, le libertarien Jean-Philippe Allenbach exigeant une association avec le « Rassemblement National » de Jacques Ricciardetti. Si le président du « Mouvement Franche-Comté » avait déjà fait son coming-out, entre références au IIIe Reich et sorties islamophobes, pour « les Républicains » et ses satellites, l’exercice oscille entre connivences et refus. À l’extrême droite, donc, on pronostique l’arrivée de conseillers municipaux, comme en 1995-2001 et 2014-2020, avec un programme assez classique, axé sur la sécurité, la gestion de Louis Aliot à Perpignan étant citée en modèle.
Illustration d’en-tête : Getty – CC0.
