Après avoir remis un prix à Sarah Knafo, le groupe « EBRA » en fait la promotion dans ses colonnes
Présenté comme « l’annuaire professionnel du monde politique depuis 1981 », la société « le Trombinoscope » réunit chaque année un parterre de journalistes afin de désigner les élu·e·s français·e·s qui se sont distingué·e·s. Depuis la première récompense attribuée à un maire « Front National » en 2015, les polémiques quant aux choix des lauréat·e·s s’enchaînent régulièrement. Dernier exemple en date il y a deux jours, avec le prix de la « révélation de l’année » attribué à l’eurodéputée « Reconquête » Sarah Knafo. Sur les sept juges qui en ont tranché par consensus, on retrouve une représentante du « groupe EBRA » – propriété du « Crédit Mutuel ». Laquelle n’a pas hésité à promouvoir cette opération, prenant sa plume pour « l’Est Républicain ».
Si beaucoup se souviennent encore de sa gaffe concernant le prix du pass « Navigo » ce lundi, la militante d’extrême droite a visiblement bien d’autres qualités. Dans un article signé par Nathalie Mauret paru dans la foulée, la rédactrice expose en tout cas les raisons ayant motivé cette consécration lors d’une cérémonie organisée hier soir à l’Hôtel de Lassay. Par un paragraphe dédié à la jeune femme, elle écrit ainsi : « Le prix de la révélation de l’année revient à Sarah Knafo. L’eurodéputée Reconquête de 32 ans, s’est imposée dans le débat politique en 2025, malgré la faible représentation de son parti au niveau national. Candidate à la mairie de Paris en mars, elle a fait une entrée en campagne tonitruante, à la hauteur de ses ambitions qui sont très grandes ».
Une prose bien informée, puisque l’autrice s’avère elle-même à l’origine de cette distinction : « Le jury est composé de journalistes politiques et d’éditorialistes de plusieurs médias dont votre journal », est-il stipulé en bas de page. Si, jusqu’en 2024, le couronnement de pontes lepénistes avait été justifié par l’importance électorale de ce mouvement, il paraît bien difficile d’objectiver en quoi les partisan·e·s d’Éric Zemmour seraient aujourd’hui notables. Une logique partagée par d’autres récipiendaires, à l’instar du socialiste Olivier Faure, qui a refusé de prendre la pose pour une « photo de famille », quand la gauche dénonce une « banalisation de l’extrême droite ». Un énième fait d’armes pour « EBRA », entre une ligne éditoriale très critiquée et la controverse sur son ex-patron.
Illustration d’en-tête : Sarah Knafo – à la droite d’Éric Zemmour -, lors d’un meeting en 2022 – Anh De France/cc-by-2.0.
