Poursuivi par « Blast » et Denis Robert, le lanceur d’alerte bisontin Maxime Renahy finalement relaxé

Dans le petit monde de la presse indépendante française, l’affaire avait fait grand bruit. Tout juste lancé, le média en ligne « Blast » devait déjà affronter sa première tempête à partir de mars 2021. L’un de ses co-fondateurs, le lanceur d’alerte bisontin Maxime Renahy, avait en effet dénoncé un projet de « partenariat » avec le magnat Hervé Vinciguerra, proche d’Arnaud Montebourg. Un clash, un départ, mais aussi un volet judiciaire, le principal responsable, Denis Robert, ayant même intenté des poursuites en « diffamation ». Lesquelles viennent de se solder, début 2026, par une une relaxe sonnante, désormais gravée dans le marbre.

La cour de cassation relevant la déchéance du pourvoi, faute d’être soutenu par les plaignants, le dernier arrêt de ce dossier devenait donc définitif à partir du 10 février 2026. Celui d’une cour d’appel qui a nettement réhabilité Maxime Renahy, parti avec pertes et fracas de « Blast » pour avoir dénoncé les liaisons dangereuses de cet organe alternatif avec un ponte des milieux politico-financiers. Si le directeur de la publication, Denis Robert, clamait que ces charges étaient totalement infondées, la justice a, en revanche, considéré les propos litigieux comme de bonne foi, établis sur une base factuelle suffisante et d’intérêt général majeur.

À travers leurs motivations que nous avons pu consulter, les juges se basent sur de nombreux éléments. En particulier des courriers électroniques, échanges « Telegram » et textos divers, qui exposent la perspective d’une entrée au capital puis de dons conséquents d’Hervé Vinciguerra à « Blast », avec le souhait que celui-ci n’apparaisse jamais officiellement, en contrepartie de dossiers engagés par ses soins et d’un droit à être tenu « informé de l’évolution des enquêtes ». Malgré les oppositions internes croissantes et la conscience des difficultés posées, au moins deux versements sont actés, d’ailleurs reconnus par la partie civile.

C’est alors que Maxime Renahy relate la situation sur « Facebook », jugeant qu’il est de son devoir d’alerter quant à de telles dérives. « L’indépendance d’un organe de presse relève de l’intérêt général du public, qui doit être logiquement informé si l’intégrité d’un média doit être remise en cause par son financement » a tranché le tribunal, suivant la logique du défendeur et de ses avocats, Octave Nitkowski et Luc Brossollet. Sur son site, « Modus Operandi », le jeune homme, installé dans la capitale comtoise depuis plusieurs années et connu pour sa lutte contre les paradis fiscaux, n’a pas tardé à se féliciter d’une « victoire de la liberté d’expression ».


Illustration d’en-tête : Le 21 septembre 2019 place de la Révolution, un rassemblement s’improvise notamment avec une centaine de « gilets jaunes » devant le salon « livres dans la Boucle ». Un vent de protestation souffle contre l’évènement, qui a refusé d’accueillir Maxime Renahy, alors même que son livre-phare, « là où va l’argent », consacré à la fraude fiscale, venait de sortir. L’auteur, ici au mégaphone, s’adresse à la foule, dans une contre-conférence sauvage.