Sur la liste d’Anne Vignot, une numéro trois qui pose question
Alors même que « la France Insoumise » se voit encore accusée de complaisances antisémites, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon semble être le seul à être scruté avec une telle intensité à la recherche de prétendues « collusions ». Au sein de la majorité sortante de Besançon, le cas de Lydie Francard interpelle pourtant davantage pour ses proximités répétées au cœur des sphères locales les plus sulfureuses. Ce qui ne l’a pas empêchée d’être placée en numéro trois d’une liste majeure, potentiellement donnée comme, au mieux, à nouveau victorieuse, au pire, principale opposante. Une éligibilité quasi assurée qui, dans ces conditions, déroute.
.
« Pour une ville d’ouverture, de diversité et de progrès »
À la permanence d’Anne Vignot et de ses équipes, l’effervescence ne faiblit pas. Ce 14 février, une réunion de presse était ainsi donnée afin de poursuivre la présentation des différentes thématiques et propositions d’un programme qui se veut ambitieux. Au menu du jour, on retrouvait, en complément des annonces du 31 janvier, la « progression de l’égalité homme-femme », la volonté d’œuvrer à « la paix et la solidarité envers les peuples », ou la nécessité de combattre « toutes les discriminations et formes de violences ». Avec, sur cet ultime volet, une liste précisant ces atteintes « sexistes, sexuelles, racistes, antisémites, islamophobes, LGBTQIA+phobes, validistes et âgistes ».
Un point cardinal ratifié par l’ensemble des candidat·e·s de ce « bloc de gauche », nous assure-t-on. Y compris les adhérent·e·s de « Génération·s », petite formation née en 2017 de la scission avec le « Parti Socialiste » ? Car c’est à ce titre que quatre d’entre elleux eux ont rejoint la synergie, dont Lydie Francard, qui apparaît en troisième position. Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intéressée n’a pas toujours été très alerte sur ses fréquentations militantes. Pendant de longs mois, elle a été l’une des figures du « collectif Palestine » de Besançon. Même après que son parti en a claqué la porte, courant septembre 2024, suite à une énième polémique liée à de graves dérives.

Un inventaire embarrassant de « camarades »
Mais, pour Lydie Francard, visiblement, pas de problèmes, puisqu’elle persistera, au moins jusqu’à la fin de l’année dernière, à figurer de façon assidue aux cortèges hebdomadaires de la mouvance, qui ne rassemble alors plus que quelques dizaines d’individus. Devenant ainsi, en toute connaissance de cause, la compagnonne de route d’un fan des proses racistes de Jacques Médecin, d’un homme condamné pour violences conjugales puis diffamation et injures antisémites, ou d’un activiste bien connu qui a par exemple déclaré trouver « dommage qu’il n’y avait pas plus de juifs dans le four » ou partagé le projet de « foutre le feu chez Anne Vignot » et de la « ligoter jusqu’à ce qu’elle en crève ».
Une telle « légèreté », active ou passive, avec ce type de profils, ne peut que laisser perplexe, questionnant également la compatibilité de ces « tolérances » avec l’axe politique affirmé et même la fonction d’élue de la république. Car, si nous n’avons jamais obtenu le moindre retour de Lydie Francard et du service communication de « Besançon vivante, juste et humaine » malgré les demandes et relances électroniques, la perspective est loin de faire l’unanimité à gauche. Plusieurs voix, nous confirmant en off, dans l’option où Anne Vignot serait reconduite, craindre l’octroi d’un mandat, en particulier d’adjointe à la lutte contre les discriminations ou aux relations internationales.
.
Illustration d’en-tête : Présentation de la liste « Besançon vivante, juste et humaine » le 31 janvier 2026, avec – de gauche à droite – Anthony Poulin (« les Écologistes »), Marc Paulin (« Debout ! »), la tête de liste Anne Vignot (« les Écologistes »), Jean-Sébastien Leuba (« Parti socialiste »), Jérémy Jeanvoine (« Génération·s ») et Hasni Alem (« Parti communiste français »).
