« Partout en France contre le racisme, les fascistes et les violences d’État ! »

À l’appel de plusieurs centaines d’organisations politiques, syndicales, associatives, réunies au sein de la « marche des solidarités », une mobilisation « contre le racisme, les fascistes et les violences d’État » est organisée partout en France ce samedi 14 mars 2026. Sur Besançon, la déclinaison locale a été annoncée à 15h00 au départ du parking Battant. Si un texte national synthétise les principales revendications autour de cette date, au local, des militant·e·s tiennent également à évoquer des enjeux spécifiques à l’antifascisme et à l’intersectionnalité dans un contexte de fortes tensions. Une contribution qui devrait être lue au départ du cortège, que nous restituons pour cette chronique du lobby.
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Appel à manifestation initié par la Marche des Solidarités, le samedi 14 mars, partout en France contre le racisme, les fascistes et les violences d’État !

Manifestation antifasciste et intersectionnelle à Besançon, samedi 14 mars à 15h Parking Battant.
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Le fascisme est une idéologie violente
Le 12 février 2026, le militant d’extrême droite Quentin D., 23 ans, est mort suite à un affrontement entre identitaires et antifascistes. Son décès est le résultat symptomatique d’une situation extrêmement tendue depuis des années à Lyon. La ville est connue pour être un bastion de l’extrême droite, favorisé par l’implantation historique d’une bourgeoisie catholique réactionnaire. Ces groupes structurés commettent régulièrement des attaques et violences de natures diverses dans de nombreuses villes.

Leur idéologie fasciste est fondée sur la violence : l’écrasement des minorités, la hiérarchie autoritaire et l’élimination des opposant·es politiques. Il est essentiel de rappeler un fait important : 90% des crimes idéologiques sont causés par l’extrême droite. Sans oublier que les violences structurelles font plus de morts que les meurtres. Et tout cela dans un silence médiatique effroyable.
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Une auto-défense populaire et collective
Face à cela, les victimes, militants·es ou non, ne bénéficient de la protection d’aucune institution. La police n’intervient généralement pas pendant les descentes fascistes, et rien n’est fait pour empêcher l’existence des milices. Les antifascistes n’ont d’autre choix que d’organiser la défense populaire, alors que ce ne sont ni des personnes qualifiées, des professionnel·les du combat ou de la sécurité. Cette autodéfense n’est pas une fin en soi, et elle n’est même pas souhaitable, mais représente la seule option restante. La violence antifasciste n’existe qu’en réponse à celle de l’extrême droite. C’est l’extrême droite qui définit le niveau de violence et pas l’inverse.
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Inversion morale du débat public
Médiatiquement, l’événement a été transformé en campagne contre les « antifas » et rentre déjà dans une offensive de diabolisation de la figure de l’antifasciste en terroriste intérieur. Neuf milliardaires détiennent aujourd’hui l’immense majorité des médias français ; certains d’entre eux s’emparent de ces espaces pour infuser partout les idées abjectes de l’extrême droite. Derrière ce chiffre, une dynamique de concentration qui bouleverse l’équilibre démocratique et l’indépendance de l’information.

L’erreur fréquente est de décontextualiser. Mettre dos à dos deux violences, comme si elles étaient identiques, cela efface donc la différence entre domination et auto-défense. Il importe de tenir bon et de serrer les rangs afin de ne pas se faire emporter par la vague brune. Il s’agit pour cela de garder une ligne claire, et de rappeler la raison d’être de l’antifascisme : limiter la toute-puissance de groupes violents et idéologiquement dangereux, qui créent du chaos en toute impunité, grâce à un État complice.
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Convergence antifa et intersectionnelle
Rendez-vous samedi 14 mars à 15h, parking Battant, ponctuant une semaine de mobilisations nationales (grève féministe et manifestations du 8 mars, luttes dans l’éducation, campagne contre l’islamophobie du 7 au 15 mars…) et veille du premier tour des élections municipales : la coordination antifasciste de Besançon appelle à manifester contre le racisme, le fascisme, toutes les discriminations et exclusions, les discours et pratiques de haine, les violences policières, les crimes d’État, pour l’égalité des droits et la solidarité.
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L’antifascisme est l’affaire de toustes et c’est collectivement que nous devons lutter !
Besac est antifa et elle le restera !
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Illustration d’en-tête : Aperçu de la marche des sans-papiers, le 23 septembre 2020 à Marseille – UCL photos/cc-by-sa-2.0.