Sur des causes sociales et antifascistes, un blocus organisé au lycée Louis Pasteur de Besançon

Le soleil n’était pas encore levé, qu’un noyau dur s’activait déjà aux abords du lycée Louis Pasteur de Besançon afin de préparer le blocus. Grilles, palettes et cartons ont ainsi été récupérés, çà et là, afin de matérialiser l’inaccessibilité de l’établissement, sous l’œil d’un important dispositif policier, resté en retrait. Au cœur du litige, des problématiques internes, comme un manque de considération pour les instances représentatives, mais aussi des préoccupations plus générales, à l’instar de l’application de « pacoursup », d’une extrême droitisation galopante de la société ou encore d’un possible basculement de la municipalité dans l’escarcelle de Ludovic Fagaut.

Sous l’égide de « l’Union Syndicale Lycéenne » (USL) et du « collectif BRAISE » (Bloc Radical Antifa Intersectionnel Solidaire Émancipateur Lycéen de Besançon), les 1 300 élèves ont trouvé portes closes. Solitaire, pas d’autre exemple n’ayant été relevé dans la région, mais déterminé, des centaines de protagonistes parfois venu·e·s d’autres bahuts étant impliqué·e·s, « Pasteur » trace sa voie. Un mouvement qui ne s’était pas vu depuis le 10 septembre dernier, mais dont le tournant massif à cette fois permis un siège jusqu’à midi. Musique, slogans, pancartes, évocant les questions antifa, la critique du régime Macron ou l’appréhension du prochain scrutin.

Mohammed dénonce ainsi l’absence de tout égard pour les projets portés par les concerné·e·s, les formations comme le « Conseil de la Vie Lycéenne » (CVL), dont il est vice-président sous l’étiquette « USL », n’étant pas, selon lui, suivies dans leurs propositions. Une colère qui s’est ajoutée à des enjeux contextuels, en particulier l’explosion des radicalités identitaires et le possible avènement d’une majorité locale de droite. « On encourage à venir à la manif de demain et à aller voter, pour celles qui le peuvent. Mais c’est aussi un cri destiné au reste de la population, ne sacrifiez pas notre avenir en donnant le pouvoir à des politiques réactionnaires qui vont nous enterrer » explique Lila.

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Illustration d’en-tête : Quelques pancartes, banderoles et visuels, affichés sur une grille du lycée Louis Pasteur de Besançon, durant le blocus.