« Rassemblement National », « Némésis », « Mouvement Franche-Comté »… Implicites ou limpides, Ludovic Fagaut multiplie les soutiens embarrassants

Pour l’emporter au second tour des municipales, ce dimanche, à Besançon plus qu’ailleurs, chaque voix devrait compter. Alors que Ludovic Fagaut arrivait largement en tête ce 15 mars, son concurrent lepéniste, Jacques Ricciardetti, faute d’avoir atteint le seuil des 10%, n’a cessé de multiplier les appels du pied. Un ralliement de raison, plus que de cœur, mais qui s’avère loin d’être isolé chez les « ultras » puisque, de « Némésis » au « Mouvement Franche-Comté », un plébiscite analogue est observé. Si officiellement, la tête de « Ensemble Besançon Avance » n’a jamais franchi le Rubicon, ces « appuis », qui lui sont déterminants, n’ont pas non plus été franchement reniés. Revers de la médaille, ces « prises » relancent dès lors les étiquettes et critiques quant à « l’extrême droitisation » du candidat.

Doublement des effectifs et armement létal pour la police de ville, déploiement sans précédent de la vidéosurveillance, édiction d’arrêtés interdisant la mendicité… Sur le volet sécurité, la vision de L. Fagaut a manifestement émoustillé le petit monde du « Rassemblement National ». Au point de siphonner l’électorat promis à J. Ricciardetti par le « choix utile », les 8,00% obtenus par ce dernier se révélant être une véritable claque. À l’extrême droite, depuis, on enchaîne les numéros de séduction, entre incitation au dialogue, volonté d’ouverture, possibilité de fusion. Jusqu’à déclarer, dimanche soir, sur le plateau de « France 3 », que le programme du « RN » et du « LR » n’était séparé que par « l’épaisseur d’une feuille de cigarette ». Si le « MoDem » Laurent Croizier a bien exclu toute entente formelle, le « respect » de cette base vitale tourne donc à plein.
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Sur Besançon, il n’y a pas que le « Rassemblement National » qui court après Ludovic Fagaut. Depuis dimanche, une responsable de « Némésis » encense publiquement le candidat – captures d’écran « Instagram » Yona Faedda.

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Il n’aura pas fallu longtemps pour que d’autres sortent plus clairement du bois, y compris quand les horizons semblent pourtant très éloignés. C’est le cas avec Yona Faedda, porte-parole du groupuscule identitaire « Némésis », en croisade contre l’islam et l’immigration ; depuis lundi, sur ses réseaux sociaux, l’intéressée diffuse ainsi des vidéos requérant « l’union des droites » ou reprenant un « reel » de L. Fagaut qui exhorte à transformer l’essai au-delà des clivages. Puis l’influenceuse d’embrayer sur un montage maison, valorisant son désormais candidat fétiche face à Séverine Véziès et Anne Vignot avec la conclusion : « Besançon – dimanche 22 mars – votez bien ». Entre une même détestation de « la France Insoumise » et un hommage de l’un et l’autre au militant néonazi Quentin Déranque, le rapprochement tactique n’était peut-être pas si improbable…

Achevant le tableau, on retrouve Jean-Philippe Allenbach du « Mouvement Franche-Comté ». Ses scores modestes de 2020 et une inéligibilité prononcée en 2021 le dissuaderont de retenter seul l’aventure, après avoir déjà été partenaire de la liste de droite formée six ans plus tôt pour le second tour des municipales. Dans un communiqué paru hier, logiquement, celui-ci « appelle ‘sans hésiter’ à voter » pour Ludovic Fagaut avec des arguments relatifs au patrimoine et à l’identité locales. Mais le régionaliste s’était surtout distingué pour ses frasques comparant la déférence à George Floyd au serment à Philippe Pétain, renvoyant Rokhaya Diallo aux « discours des dirigeants du IIIe Reich », ou relayant des fakes-news islamophobes. En janvier 2026, il proposait même une alliance des forces conservatrices avec le « Rassemblement National » ; en vain, jusqu’à ce jour.

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Illustration d’en-tête : Ludovic Fagaut, lors de la campagne municipale de 2020 – Guillaume Clerc/« Factuel.info ».