Volet social, question palestinienne, droits des animaux… À Besançon, la campagne des municipales vue par la société civile

Ce dimanche 22 mars, les citoyen·ne·s devront trancher qui siégera comme maire de la capitale comtoise. Entre les tribunes d’élu·e·s d’un camp ou de l’autre, le choc du patronat et des centrales syndicales, les accusations en calomnies et sexisme, nous aurions pu (re)parler liberté de la presse, lutte contre les discriminations, craintes des « gens du voyage », transports doux ou encore pratique sportive. Mais, en phase avec sa ligne éditoriale, c’est sur l’angle du volet social, de la question palestinienne et des droits des animaux, que le média « le Ch’ni » s’est attaché à comparer, à travers le regard de la société civile, les projets d’Anne Vignot (« union de la gauche ») et de Ludovic Fagaut (« union de la droite et du centre »).

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Sur le volet social
À travers un questionnaire, le « comité de lutte sociale et médico-sociale » a interpellé les différent·e·s candidat·e·s du premier tour. En grève le 11 mars dernier, ses membres n’ont pas caché leur lecture critique des positions portées par Ludovic Fagaut, lequel, après avoir assumé une politique de « casse » au sein du département, projette, par exemple, d’édicter des arrêtés anti-mendicité ou de « délocaliser » les centres sociaux aujourd’hui installés dans le quartier Battant. Alors que certain·e·s partenaires comme l’association « SolMiRé » ont rappelé que la municipalité actuelle reste trop « passive » quant à l’accueil des réfugié·e·s, toutes et tous craignent néanmoins un « durcissement » de la situation en cas de changement de majorité.

Accès au logement, vision sur la protection de l’enfance, avenir de la boutique Jeanne-Antide et du « Centre Communal d’Action Sociale », financement de la prévention spécialisée et des missions locales, furent donc autant de points abordés (lire l’interpellation complète). Anne Vignot leur a répondu, assurant une sacralisation des budgets, la priorisation des engagements en faveur des jeunes, le développement des mesures déjà instaurées (lire le retour complet). En revanche du côté de la droite, le collectif relève « qu’à l’heure actuelle, nous constatons que nous n’avons reçu aucune réponse du candidat Ludovic Fagaut. Nous déplorons par ce communiqué l’absence de considération de ce candidat face aux besoins sociaux des publics bisontins ».
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Aperçu de la manifestation du secteur social et médico-social, le 11 mars à Besançon.

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Sur la question palestinienne
La ville de Besançon s’inscrit dans de nombreux projets de coopération internationale, en particulier avec le camp d’Aqabat Jaber. Depuis le génocide à Gaza à partir de 2023, une part de la population s’est retournée vers la municipalité pour engager des actions de soutien, à l’instar de celles pour l’Ukraine. Entre liens avec sphères antisémites et volonté concrète d’œuvrer pour la paix, Anne Vignot s’est heurtée aux réticences pour le simple fait d’avoir levé un drapeau palestinien. Un front large s’est alors constitué, partant du groupuscule identitaire « Némésis » à certaines voix du « Parti Socialiste », en passant, évidemment, par Ludovic Fagaut et Laurent Croizier, vent debout contre « l’importation d’un conflit » ou le choix de « hisser une seule bannière ».

Référence depuis plus de vingt ans, « l’Association France-Palestine Solidarité » s’est activée pour connaître le sentiment des prétendant·e·s à la Mairie sur le sujet. Adoption d’une motion exhortant au respect des droits les plus élémentaires, gel des échanges avec toute institution israélienne qui n’entendrait pas reconnaître ces principes, défense de la liberté d’expression et de manifestation pour les opposant·e·s à la « guerre », en sont des illustrations (lire l’interpellation complète). Anne Vignot s’est là encore exprimée, insistant sur le renforcement des coopérations, la proposition de vœux, ou la réception d’artistes et d’intellectuel·le·s (lire le retour complet). Concernant Ludovic Fagaut, « l’AFPS » constate là encore qu’il n’a pas donné le moindre signe de vie.
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Aperçu d’un rassemblement de « l’Association France-Palestine Solidarité », le 22 septembre 2025 à Besançon.

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Sur le droit des animaux
Ainsi que nous l’avions déjà esquissé le 14 février dernier, l’organisation « L214 » était sur le terrain afin de sensibiliser les listes sur leur rapport aux animaux en cas d’élection. Traitement d’un être sensible, conséquences environnementales, problématiques sanitaires, forment ainsi les principaux arguments pour l’abandon progressif d’une alimentation carnée. Un régime adopté par un nombre croissant de français·e·s, qui s’est, au moins partiellement, incarné dans la vision initiée par Anne Vignot, élue sous pavillon « Les Écologistes ». Une thématique sur laquelle son concurrent s’est finalement peu prononcé comme conseiller municipal, n’ayant pas davantage retrouvé d’éléments particuliers dans sa profession de foi ou tout autre document analogue.

Dans un rapide compte-rendu portant sur l’application d’une « charte », la structure relate que « Anne Vignot s’est engagée sur quatre mesures, dont l’exclusion des produits issus de l’élevage intensif dans les commandes publiques » alors que « Ludovic Fagaut s’engage à proposer une offre végétale plus significative lors des réceptions officielles ». Un gouffre séparerait donc ces deux visions du monde, ainsi que le souligne Orianne Vatin de « Besançon Vivante, Juste et Humaine ». La militante animaliste exposant la fin des balades à poney, la stérilisation des chats errants, l’offre végétalisée deux jours par semaine dans les cantines, la création d’un cimetière animalier, ou l’interdiction de la pêche au vif, en parallèle de la seule promesse concédée par la droite.
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Aperçu d’une action « L214 » dans le cadre des élections municipales, le 14 février à Besançon.

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Illustration d’en-tête : Aperçu d’un panneau d’affichage pour le second tour des municipales, avec les propagandes électorales de Ludovic Fagaut et d’Anne Vignot.