« Va n***** ta mère petite s***** » : Les dérapages verbaux de Guillaume Playez, militant d’extrême droite et conseiller municipal d’Abbenans
« Gauchiste haineux », « sale race de mort », « va niquer ta mère petite salope ». Ces mots, ce sont ceux employés par un élu de la République contre un journaliste du média indépendant « le Ch’ni ». En effet, le 27 mars dernier, nous publiions une enquête, relevant l’entrée de multiples militant·e·s d’extrême droite dans les conseils municipaux de la région. Dont Guillaume Playez à Abbenans, jadis adjoint de la commune avant de lancer sa propre liste en 2026 ; battu dès le premier tour par ses ancien·ne·s collègues, ses soixante-et-une voix soit 39,87% lui permettront toutefois d’obtenir deux sièges dans l’opposition. Nous penchant logiquement sur ses ancrages et idéologies, c’est surtout à la suite de notre publication que l’intéressé a multiplié les dérapages.
Si Guillaume Playez est connu pour animer une communauté dédiée à la photographie ou gérer le club local de chasse, c’est aussi un activiste évoluant dans les franges radicales. C’est ce que révélait début mars un article du site « Fafwatch Franche-Comté », ensuite repris par « StreetPress », où son engagement auprès du député « Rassemblement National » Antoine Villedieu était documenté avec force. Autre volet encore plus sensible, l’exhibition d’un large tatouage « soleil noir » au coude droit ; comme nous l’exposions longuement le 1er août 2025, ce symbole s’avère exclusivement associé au IIIe Reich et à ses idéologies mystiques racistes. Fraîchement réinvesti et alors que se profilait notre dossier, nous avions logiquement sollicité le mis en cause, dans la nuit de mardi à mercredi, pour qu’il puisse, s’il le souhaitait, apporter les précisions jugées utiles.
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Malgré des questions et relances très claires, celui-ci se bornera à affirmer qu’il n’est « ni d’extrême droite ni nazi », que « [s]es tatouages on des significations qui [lui] sont propres » ou encore que toute mention le concernant se soldera par des poursuites pénales. Stipulant sa prétendue prise de distance quant aux sphères néofascistes, nous sommes, en revanche, évidemment, passés outre ses menaces judiciaires, considérant le droit et le devoir à l’information. Notre papier publié à 18h19, nous n’aurons pas le temps de le prévenir, qu’à 18h33 il nous écrivait : « Mon gars tu cherches la merde tu vas la trouver . On va vite très vite se voir devant les tribunaux. Sale race de mort ! » puis de conclure sur « va niquer ta mère petite salope ! ». Un langage fleuri pour un représentant de la nation, qui proclame parallèlement son attachement aux valeurs de « respect ».
Une prose que nous avons décidé de rendre publique, compte tenu de sa gravité, de la position de son auteur, mais aussi du fait que Guillaume Playez s’en soit lui-même répandu sur les réseaux sociaux… Vendredi via son compte « Facebook », le jeune homme réitérait ainsi être « fier de tous [s]es tatouages » dont « aucun n’a la moindre connotation raciste, nazie ou antisémite ». S’en reportant à « l’histoire », les voix qui oseraient rappeler l’origine de ses visuels litigieux ne mêleraient qu’ignorance, délires et calomnies. Achevant son texte par une promesse de plainte en « diffamation », les explications se muent en profession de foi politique revenant à ses fondamentaux : « Oui, je suis un homme blanc, hétérosexuel, et j’aime la France. Visiblement, c’est devenu un problème pour certains, qui préfèrent d’autres drapeaux au nôtre ». Tout est dit.
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Intégralité de nos échanges avec Guillaume Playez, incluant le « contradictoire » et sa réaction spontanée à la publication de notre article – capture d’écran/« Facebook »..
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Illustration d’en-tête : Guillaume Playez, le 9 mai 2023 à Chargey-lès-Port (Haute-Saône). L’intéressé intervient lors d’une journée organisée par le maire de la commune, Antoni Magnin, en compagnie du député de la première circonscription de Haute-Saône, Antoine Villedieu, le premier étant d’ailleurs suppléant du second et les deux, cadres du « Rassemblement National ». Si, à l’origine, il s’agissait d’une entrevue dédiée aux commémorations du Huit-Mai 1945, le parlementaire profitera de l’occasion pour rappeler que « Marine Le Pen incarne l’espoir du changement et du redressement ». Concernant Guillaume Playez, il expose et commente ses œuvres photographiques, souvent liées à a nature, révélant, au coude droit, son tatouage « soleil noir » , bien visible – capture d’écran/« Facebook » d’Antoine Villedieu.






