À Besançon, une « journée de visibilité transgenre » qui fait aussi écho aux évolutions municipales
Ielles étaient moins d’une centaine, présent·e·s ce dimanche après-midi au parc Granvelle. Mais, comme chaque année désormais, les militant·e·s de la capitale comtoise et leurs soutiens tenaient à ne pas manquer cette « journée internationale de visibilité transgenre », fixée au 31 mars. Sans tapage particulier, le rassemblement visait surtout à se retrouver, permettre la parole et briser certains tabous. Au-delà des discours qui dénonçaient, par exemple, la psychiatrisation persistante ou la nécessité de devoir justifier de sa transition, nous avons également souhaité savoir comment était vu le bouleversement de majorité à Besançon depuis l’arrivée de Ludovic Fagaut.
Alors que « France 3 Franche-Comté » exposait les craintes de la communauté LGBT+ au sens large, les positions du maire de droite suscitent là aussi des inquiétudes analogues et spécifiques. « La carte d’identité municipale et la facilitation du changement d’état-civil sous Anne Vignot, on peut en discuter. Mais, au moins, il y avait cette volonté, qui, à défaut d’être parfaite, permettait malgré tout d’avancer. Avec un contexte national et mondial qui se dégrade, on est à peu près certain·e·s que la mairie sera pas une alliée. Après, que cette institution soit indifférente à nos luttes, c’est une chose, ce qu’on appréhende, c’est qu’elle participe aussi aux attaques contre nous » lâche une participante.
Un autre se montre encore plus pessimiste, citant les compagnonnages de l’édile : « Il a été un chantre de la manif’ pour Tous, a t-il vraiment évolué là-dessus ? Autour de lui, on retrouve encore les sphères chrétiennes traditionalistes, les tenant·e·s de l’ordre naturel, jusqu’au soutien des fémonationalistes les plus ouvertement transphobes… Qu’adviendra t-il, notamment, du projet de centre LGBT+, la pride sera t-elle maintenue, quelles consignes vont être données aux agent·e·s concernant le traitement de nos demandes administratives ? Tout cela, c’était déjà difficile avant. L’avenir est encore flou, mais on est beaucoup à maintenant anticiper des reculs plus ou moins grands à l’échelle locale ».
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Illustration d’en-tête : Aperçu du rassemblement, place Granvelle.
