Clap de fin pour « la Passerelle », le journal historique de Planoise

Habitant·e·s, commerçant·e·s, gens de passage… Pendant quarante années, les pages de « la Passerelle » ont bercé le quotidien de générations entières de planoisien·ne·s. Une actualité locale, la rénovation d’un espace public, un évènement dans une association, un coup de gueule quant à une incivilité ou un point de vue discordant avec la Mairie. Tout ou presque y était conté, par et pour la population, au plus près des réalités de terrain. Indispensable journal du quartier, son récit s’écrit hélas désormais au passé. Ainsi que l’expose le dernier numéro de décembre 2025/janvier-février 2026, l’aventure ne se poursuivra pas.
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Alors que nous nous attendions à retrouver ça et là quelques éloges de circonstances, à notre surprise, aucune ligne ne se présentera, à notre connaissance, dans la presse généraliste. Il faut dire que, en-dehors du titre « le Ch’ni », le nombre de médias et de journalistes réellement présent·e·s dans un « quartier prioritaire » est proche de zéro. C’est cet ancrage qui manquera particulièrement, offrant une voix précieuse pour exposer la réalité des concerné·e·s qui se sentent bien souvent peu représenté·e·s dans certaines colonnes. Un principe qui a présidé à la création de cet organe en 1985, alors qu’une large partie du secteur « Cassin » était encore en pleine construction.

Après cent-soixante parutions, le trimestriel tire donc sa révérence. Origines, financement, distribution, quatre pages pleines reviennent sur cette épopée. Reprenant aussi le premier édito, qui explique par exemple les raisons de son nom ! « La passerelle de Planoise, pourquoi ce titre ? Petit pont très étroit réservé aux piétons, telle est la définition que donne le petit Larousse du mot passerelle. C’est vrai qu’il en existe trois ici, reliant trois quartiers [Cassin, Île-de-France, Époisses/Franche-Comté] pour en faire un seul : Planoise. Mais il est un autre sens du mot passerelle. La passerelle, au théâtre ou au cinéma est le support des projecteurs pour éclairer une tranche de vie ou d’action en train de se dérouler ».
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Une complète de « la Passerelle », dernier numéro.

 

Une explication, qui se double d’une conclusion qui disait déjà tout sur l’ambition et la portée du projet : « La Passerelle de Planoise se veut ce moyen pour mettre au grand jour tout ce qui vit, se fait, s’organise, pour un mieux vivre, pour être mieux ensemble. Par ce journal, l’autre, les autres – à travers leurs associations ou organisations – deviennent à la portée du regard, de main, de cœur. La Passerelle de Planoise se veut le journal de tous les planoisiens parce c’est dans l’encre de vos vies, de vos cris, de vos rêves, de vos désirs, de vos fêtes que nous voulons tremper notre plume ». Mais quatre décennies plus tard, les évolutions de la société et les aléas de l’existence sont passés par là.

Rappelant ainsi que le support fut fondé et restait géré par des bénévoles, la relève s’est faite attendre. « Aujourd’hui, ces personnes ont, à l’instar du journal, quarante ans de plus. Certaines ne sont plus de ce monde ou se sont retirées pour des raisons personnelles, tandis que d’autres ont rejoint le comité de rédaction il y a une dizaine d’années. Le groupe restreint que nous formons, composé essentiellement de retraités, ne peut plus faire semblant d’ignorer le passage du temps » reconnaît l’équipe. Laquelle espère néanmoins une transmission de flambeau à plus ou moins court terme, y compris « sous une autre forme, selon des modalités à réinventer ». C’est tout ce qu’on peut souhaiter.


Illustration d’en-tête : Extrait de la couverture du dernier numéro de « la Passerelle », annonçant l’anniversaire du journal mais aussi sa disparition à partir de février 2026.