À Besançon, les trois mouvements sociaux du jour

Ce samedi 24 janvier, les transports en commun « Ginko » sont impactés par un mouvement de grève. À l’appel de la « CFE-CGC », les régulateurs/régulatrices, chef·fe·s d’équipe et agent·e·s d’intervention ont été invité·e·s depuis avant-hier à cesser le travail pour protester contre le passage d’un effectif de deux à une personne détachée aux opérations de terrain. Une décision contraire aux accords internes et exposant inutilement les salarié·e·s à des risques sécuritaires notables, en particulier le samedi, juge la centrale qui relève un conflit déjà ancien avec le prestataire « Keolis ». Emportant sept cadres sur douze dont la quasi-totalité de celleux affecté·e·s à la régulation, la société n’a eu d’autre choix que de sacrifier la circulation nocturne. Si la desserte des bus et tramways était donc normale en journée, elle fut ainsi progressivement suspendue à partir de 19h00.

Esplanade des Droits Humains cette après-midi, la paysannerie comtoise était de nouveau visible. Ainsi que nous l’exposions le 6 janvier dernier, les tracteurs et les fourches restent en effet mobilisés, cette fois à cause des accords « Mercosur » récemment signés. Un scandale pour nombre d’exploitant·e·s, qui craignent que ces accords de libre-échange ne viennent mettre plus à mal encore le métier par une concurrence déloyale. Une trentaine de membres de la « Coordination Rurale » (CR), structure proche de l’extrême droite, avec quelques « gilets jaunes », toujours bien vivaces, souhaitaient ainsi interpeller la population sur la situation. Un modeste stand en plein centre-ville pour partager et échanger, qui s’est poursuivi en une escapade à « l’Intermarché » de Châteaufarine pour y contrôler les étiquettes de certains produits, dont la provenance des viandes.

Dernier point chaud à Besançon, la colère grandissante des salarié·e·s de l’entreprise « Berto Garnache » située à École-Valentin. Référence locale spécialisée dans le transport et la logistique depuis plus de vingt ans, son personnel s’élève contre des conditions de travail qu’il estime dégradées et un dialogue social considéré comme rompu depuis déjà plusieurs mois. Programmation pernicieuse des chronotachygraphes, remise en cause du temps de travail réellement effectué, dispositions inappliquées sur les repos, affectation arbitraire des plannings sans respect des délais de prévenance, attribution opaque de certaines gratifications et primes, management déshumanisé incluant tolérance pour des propos discriminatoires et racistes, forment autant de griefs. Avec le concours de la « CGT », une protestation est donc engagée à partir du lundi 26 janvier.

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Illustration d’en-tête : La station de tramway Île-de-France, avec l’annonce électronique des perturbations prévues ce samedi soir.