Les langues régionales promues par les autonomistes

Les élections régionales de 2028 n’auront lieu que dans deux ans, et pourtant, l’Union du Peuple Comtois (« UPC ») se positionne déjà ! La toute jeune formation autonomiste appelle au rassemblement de ses forces vives le samedi 28 février à Arc-et-Senans pour débattre de la « question franc-comtoise », le conflit identitaire et institutionnel lié au statut de la Franche-Comté au sein de la France.

Dès 14h00 à la galerie du Carré Ledoux, si les débats porteront surtout sur le bilan des dix ans de la fusion des régions (toujours rejetée par 60% de la population franc-comtoise, selon un sondage OpinionWay de 2022), il est certain qu’une place de choix sera laissée au franc-comtois et à l’arpitan, que « l’UPC » espère faire reconnaître comme langues nationales de la future région autonome de Franche-Comté. Il faut dire qu’une telle reconnaissance fait consensus chez les autonomistes : c’est même un des points centraux de leur programme, au même titre que l’usage de la démocratie directe ou l’établissement d’une nouvelle fiscalité. Le débat concernant les langues régionales ne devrait donc pas porter sur le fond mais sur la forme. Exemple avec le souhait des autonomistes de voir la future région autonome obtenir comme nouvelle compétence la gestion de l’Université de Franche-Comté (qui retrouverait donc son appellation), ce qui ouvrirait le champ des possibles pour l’enseignement supérieur en dialectologie et la création d’un diplôme d’études des arts et traditions populaires, dont nos deux idiomes font partie.

Enfin, là où les partis centralistes de gauche comme de droite ont sciemment ignoré les langues régionales du Pays Comtois, « l’UPC » les utilise comme symboles d’émancipation ; elles font partie pleinement de l’identité du mouvement. Ainsi sont-elles présentes dans les statuts de l’association, dans sa communication et dans un de ses logos. La garantie de leur promotion devrait être un argument important pour son affiliation à Régions et Peuples Solidaires, parti fédéraliste de centre gauche. Mais la tâche est rude : rattraper un retard d’au moins cinquante ans sur les politiques linguistiques de la Bretagne, de la Corse et de l’Alsace. De ce fait, avant les élections régionales de 2028, les élections municipales de 2026 seront quand même scrutées par les autonomistes, notamment à Champagney en Haute-Saône, où le secrétaire de « l’UPC », Romain Grosjean Schoellhammer, engagé sur une liste sans étiquette avant même la création de l’union, portera le projet de signalisation bilingue français/franc-comtois pour sa commune, en cas de victoire en mars prochain.

La vouivre et le lion comme emblèmes, Paris et Dijon comme problèmes, « l’UPC » avance donc discrètement mais sûrement, avec un seul mot d’ordre : chuprâtè po lai Fraintche-Comtè (autonomie pour la Franche-Comté) !


Illustration d’en-tête : Logo de « l’Union du Peuple Comtois ».