« Le combat d’aujourd’hui c’est la fonction publique, mais le pouvoir d’achat va se transformer en poudrière générale pour le gouvernement »

C’était initialement une grève sectorielle étendue à toute la fonction publique, éducation, santé, social, administrative ou encore territoriale en tête. Une colère déjà vive pour toutes ces catégories, exposant une rémunération en berne, des moyens toujours plus restreints et des conditions de travail en constante dégradation. Mais, dans les rangs de la manifestation de cette après-midi à Besançon, le malaise touchait bien au-delà des seul·e·s fonctionnaires, y retrouvant quelques salarié·e·s du privé, un certain nombre de retraité·e·s, ainsi qu’une foule de jeunes lycéen·ne·s et étudiant·e·s déjà très engagé·e·s dans le blocus de leur établissement. La plupart évoquant la date du 17 octobre, imaginée comme un possible catalyseur de toutes les révoltes.
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« Je suis enseignant, affecté dans un autre département depuis un an. Entre les trajets, avec le prix de l’essence, une grille salariale bloquée, qui était déjà une des plus modestes d’Europe, ou la réalité matérielle et pratique des cours, de fournitures à devoir régler nous-même aux classes surchargées devenues la norme, la figure du maître a pris un coup » nous expose un prof qui vit dans la région. Comme lui, les voix se multiplient pour donner des exemples concrets : blouses blanches surmenées au point d’évoquer des prises en charge maltraitantes « à la chaîne et avec trois bouts de ficelles », agent·e·s municipaux qui craignent les coupes budgétaires et managements toxiques, mais aussi des ancien·ne·s passé·e·s par le rail ou la poste avant leur privatisation.
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Toutes et tous font le constat d’une perte de sens, de fins de mois difficiles et de perspectives précaires. Pour ce qui formait jadis la petite classe moyenne, le constat rejoint celui entendu voilà bientôt huit ans sur les ronds-points. « Le combat d’aujourd’hui c’est la fonction publique, mais le pouvoir d’achat va se transformer en poudrière générale pour le gouvernement. On n’est beaucoup à ne plus en pouvoir, mais quand on aura plus rien à perdre c’est là que ça va vraiment péter » tranche un éducateur spécialisé. Certain·e·s rêvent d’ailleurs d’une sur-mobilisation dans une quinzaine de jours, ouvrant la contestation aux masses à la façon des « gilets jaunes ». Une agitation toutefois prudente, après le « flop » d’une réminiscence tentée le 10 septembre 2025.
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« C’est toujours compliqué de placer un curseur au sein de la population, mais ce qui est certain, c’est que le mécontentement est très partagé autour de nous. Rage ou résignation, la suite est à écrire » analyse un membre de « SUD/Solidaires étudiant·e·s ». Au-delà du défilé « officiel » qui a réuni de 1 250 à 1 650 selon la police ou la « CGT », la « gen z » avait à cœur de pousser le conflit. À partir du palais de justice, un « cortège de tête » autonome d’une centaine de participant·e·s s’est détaché pour déambuler jusqu’à la Préfecture. Les forces de l’ordre, déjà pléthoriques le long du parcours, surveillant cette évolution de près. Pas d’échauffourées à signaler au contraire de Belfort et Montbéliard, mais peut-être le prélude d’une grogne à venir qui s’affirme.

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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Aperçu du cortège, au niveau de la rue de la République – Crédit : Toufik-de-Planoise. Les clichés un, six et sept sont signés Nadwo, les deux, trois, quatre et huit Toufik-de-Planoise.