À quelques heures d’une manifestation attendue, la mobilisation lycéenne et étudiante repart timidement à Besançon
Initiée par un large consortium d’organisations syndicales, la date du 5 novembre pourrait voir la synergie d’un ensemble de colères. Même si les revendications sont nombreuses, un leitmotiv « contre la vie chère » s’en est principalement dégagé. Autour de cet appel qui résonne désormais en slogan, des réalités très différentes mais un constat commun sur les inégalités et injustices sociales. Si cette perspective ne se transpose guère plus dans la grève, elle s’impose néanmoins par la rue. Un moteur qui, à la suite de la jeunesse, réunit depuis maintenant trois samedis de suite plusieurs milliers de révolté·e·s. Apothéose ou épilogue, la confirmation viendra dans la journée. En attendant, ce matin, « le Ch’ni » est allé à la rencontre des lycéen·ne·s et étudiant·e·s, tenant le rythme, tant bien que mal.
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Un sens plus modeste du blocus
Entre détermination de « l’Union Syndicale Lycéenne » et assemblée organisée le 30 octobre, les élèves du secondaire étaient appelé·e·s à poursuivre les luttes menées depuis plus d’un mois. La rentrée de lundi passée, c’est naturellement la grève générale du 5 novembre qui a été choisie comme objectif commun. Mais, au petit matin, l’engouement était globalement assez timide, la reprise s’étant surtout vérifiée autour de quelques établissements considérés comme des « bastions », à l’instar de Louis Pergaud. « À 08h00, une centaine de protestataires étaient présent·e·s devant les grilles. Une barricade avait été érigée, mais elle fut rapidement défaite par la police dépêchée sur place. Depuis, tout est serein et bon enfant. Un barrage filtrant s’est instauré, laissant finalement passer qui veut » nous rapporte ainsi notre journaliste Myriam Bendjilali.
Même tendance sur Claude-Nicolas Ledoux, historiquement moins habitué aux perturbations : « Peu avant 09h00, une trentaine d’élèves sont massé·e·s devant le bahut. Ielles affichent leur bonne humeur et scandent des slogans antifas, malgré la déception quant à la participation, espérée plus forte. Les entrées ne sont que restreintes, donc là aussi pas d’obstruction totale. D’ailleurs, le proviseur s’est félicité de cette ambiance » rapporte notre correspondant P.G. Peu de surprise sur Louis Pasteur, où la paralysie domine sans encombres, obstacles improvisés et chaînes humaines s’opérant devant les forces de l’ordre, d’après notre reporter AL. En revanche, calme plat à Victor Hugo, Jules Haag, Condé, ou Pierre-Adrien Pâris. « Pour l’instant. Ça peut tout à fait bouger sur le tard, ou en début d’après-midi » rapporte notamment une encartée « SUD-Éducation ».
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Diverses scènes observées aux lycées Louis Pergaud (en haut) et Louis Pasteur (en bas), ce matin – Crédit : Myriam Bendjilali et AL.

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Pas de cortège dans l’hypercentre
Côté université, c’est l’UFR-SLHS Mégevand, où la veille cinq cents protagonistes avaient voté l’occupation des lieux jusqu’à vendredi, qui forme l’épicentre de la contestation. Mais, illustration que le mouvement peut encore avoir de la ressource, des actions sont également enregistrées sur le campus de la Bouloie (UFR-ST, STAPS, Droit/Économie/Gestion), à « l’Institut Supérieur des Beaux-Arts » (ISBA) et au sein de « l’Institut Régional du Travail Social » (IRTS). « Quand, en début de semaine, notre direction nous a dit que nous ne pouvions pas nous impliquer, on a lancé une réunion, qui a attiré une quarantaine de personnes. On ne pourra pas être à la manif, mais on va partir sur une sensibilisation par des post-it et un sit-in. À défaut d’agréger suffisamment de soutiens aujourd’hui, nous espérons donc poser des jalons pour plus tard » nous explique un apprenant.
Car le point de convergence central reste le défilé intersyndical et interprofessionnel, prévu à 14h00 au parking Battant. Mais le parcours suscite un bras de fer avec la préfecture du Doubs, son refus de concéder tout passage par la Boucle s’étant mué en arrêté d’interdiction imposant un nouveau trajet. Une décision unilatérale aussitôt attaquée sous l’égide de l’association « défense de rupture », avec une issue attendue avant midi. « Nous rappelons que le droit de manifester est un droit constitutionnel. Les restrictions actuelles de son application par les autorités de l’État, notamment l’interdiction des manifestations en centre-ville, y compris lorsqu’elles sont déclarées dans les délais légaux par des syndicats, organisations constitutives de la démocratie représentative, sont illégitimes » s’indignent « FO », « FSU », « SUD », la « LDH » et « l’USL » dans un communiqué.
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Toufik-de-Planoise (rédaction),
avec les apports de Myriam Bendjilali, Nadwo, P.G., Al, Marius.
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Illustration d’en-tête : Distribution de café et gâteaux, sur le parvis du lycée Louis Pergaud – Crédit : Myriam Bendjilali.






