« Chaque seconde, trente-cinq animaux sont abattus »

Initiée en 2015, la « journée mondiale pour la fin du spécisme » est célébrée chaque dernier samedi du mois d’août. Hier, place de la Révolution à Besançon, les militant·e·s de l’association « L214 » se sont donc calqué·e·s sur cette date afin de sensibiliser le grand public à la question. Plus spécifiquement, c’est la consommation de produits carnés qui était au centre de l’opération du jour. Une scène de crime était ainsi instaurée, avec rubalise, housse mortuaire, traçage des cadavres, scellés de preuves, police scientifique. « Chaque seconde, trente-cinq animaux sont abattus… Juste en France ! L’objectif, c’est de rappeler que derrière les chiffres, il y a des réalités. Dans son marketing, le lobby de la viande fait tout pour que le consommateur/la consommatrice oublie qu’un steak fut d’abord un être sensible. Il nous faut donc parvenir à mettre cet acte en perspective, le responsabiliser et offrir des alternatives » expose Amandine Moity.
Élevage intensif et méga-abattoirs sont nécessairement mis en avant, mais, au-delà, c’est un système qui est pointé du doigt. Notre interlocutrice poursuit, déterminée : « Bien sûr, les affaires des dernières années qui ont secoué la chronique occupent le haut de nos priorités. Les images, notamment mises en avant par notre structure, ont permis à toutes et tous de constater le niveau de cruauté qui sévissait, en particulier dans les grands noms du secteur. Si ce combat a permis à quelques-un·e·s d’aller vers une alimentation plus éthique et raisonnable, c’est déjà une victoire. Mais nous ne voulons pas seulement dénoncer ce que certain·e·s désignent comme des excès, car nous considérons que sur le principe, aucune mise à mort n’est défendable. Un poulet ou une truie ne peut jamais être une matière première. C’est pourquoi nous nous engageons sur une vision résolument végane, qui exclut toute forme d’exploitation et/ou de souffrance ».
Un argumentaire animaliste fort, mais loin de se limiter à cette dimension : pollution des eaux, gaz à effet de serre, effets de la médication sur la santé, accaparement des ressources, paupérisation des petit·e·s exploitant·e·s… Autant de thématiques abordées avec la population, plus de trois cents tracts ayant été distribués. « Beaucoup de gens ont cru faire face à un homicide, ça a permis de restituer la véritable violence de cette machine. Il s’agit ainsi d’interpeller et de conscientiser, mais aussi de parvenir à donner des solutions concrètes. En janvier, nous avions lancé une chasse au trésor gourmande, afin d’initier à la gastronomie antispéciste. Cette fois, à travers notre campagne intitulée le Sauvetage du Siècle, vingt mesures globales sont proposées. On ne se contente pas de culpabiliser, mais bien de construire ensemble la société de demain. Il y a urgence à redéfinir les bases communes, sur tous les plans » complète encore Étienne Ménard.
Illustration d’en-tête : Aperçu de l’opération « L214 », sous l’égide de la fontaine des Eaux-d’Arcier.