En Franche-Comté, le « Rassemblement National » fait également face à ses « brebis galeuses »
Alors que 2026 devait voir sa consécration aux scrutins municipaux, cette année s’est une nouvelle fois transformée en véritable chemin de croix pour le « Rassemblement National ». Malgré son poids électoral grandissant dans la région, le parti d’extrême droite aura en effet bien du mal à y achever son ancrage électoral : une tête de liste changée à Besançon, un retrait puis une destitution à Dole, un débranchement à Belfort, une absence totale de candidatures à Montbéliard, Vesoul et Pontarlier… Le phénomène se répète sur tout le territoire, plombant la belle dynamique espérée. Entre l’amateurisme patent des un·e·s et les dérapages verbaux des autres, petit tour d’horizon en Franche-Comté.
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Le jeu des chaises musicales à Besançon
L’évolution du leadership à Besançon est un élément connu, mais peu commenté. Car si c’est le militant traditionaliste Jacques Ricciardetti qui est aujourd’hui dans les starting-blocks, initialement c’est bien Thomas Lutz qui avait été annoncé comme le meneur jusqu’en mai dernier. Conseiller régional depuis 2021 et candidat malheureux aux dernières législatives, il s’était distingué le 11 avril 2024 par l’emploi du concept nazi « untermensch » (sous-homme) pour qualifier ses opposant·e·s. Pas de mise à l’écart brutale puisque l’intéressé reste présent dans la campagne, mais difficile de ne voir aucun lien entre cette décision et le scandale alors provoqué. Une liste sur laquelle « le Ch’ni » reviendra en profondeur, dans les prochaines semaines.
Dole, épicentre d’imbroglios successifs
Dans le Jura, la seule investiture d’une ville n’a désormais plus de lepénistes pour la représenter. D’abord engagé dans la course sur Dole, Didier Morandi a jeté l’éponge au bout de seulement deux semaines après le tollé qui a suivi sa promesse de « supprimer les subventions à toutes les associations par soucis d’économie ». Si aucune suite n’était envisagée, c’est finalement Erick Moine qui a « repris » la barque. Absent pendant plus de trente ans pour raisons professionnelles, son retour dans la cité n’a toutefois pas été synonyme d’enthousiasme. Déjà exclu cet été du bureau départemental « RN » pour de multiples saillies islamophobes, son projet maintenant tourné vers une hypothétique « union des droites » se fera sans le soutien de son parti.
Un jeune loup trop sulfureux sur Belfort
À Belfort, c’est Quentin Macullo qui devait être la figure tutélaire du « Rassemblement National ». Il fut responsable du syndicat d’extrême droite la « Cocarde étudiante », dont la branche sur Besançon a été impliquée dans de nombreuses violences et exactions, culminant fin 2022 avec la dégradation d’une statue de Victor Hugo. Un passif que le cadre refuse d’endosser, nous assurant, qu’à l’époque, il ignorait tout de ces réalités, jusqu’à cet ultime « fait d’armes ». Après être brièvement passé dans les rangs d’Éric Zemmour, il devient assistant parlementaire de Guillaume Bigot à son élection en 2024. Mais, rattrapé par des publications aux relents racistes et antisémites, il est remplacé par Christophe Soustelle, conseiller régional depuis 2021 et historique du « RN ».
Ailleurs en Franche-Comté, une désertion manifeste
Sauf surprise, seules les métropoles de Besançon et Belfort devraient donc pouvoir compter sur la présence de l’extrême droite. Car, selon nos informations, les espoirs nourris sur Pontarlier, Vesoul ou Montbéliard, se sont envolés. Une situation accablante surtout pour ce dernier bastion ouvrier, qui avait ses élu·e·s de 2014 à 2020. Quelques agglomérations intermédiaires pourraient néanmoins compenser ce manque, comme Pont-de-Roide-Vermondans ou Voujeaucourt (Doubs). Enfin, à Saint-Claude (Jura), le maire sortant, Jean-Louis Millet, remarqué pour ses envolées contre la diaspora turque et soutenu par le « RN », avait, empêtré dans une affaire de harcèlement moral, annoncé ne pas reconduire son mandat, mais, sa relaxe acquise, il vient de faire volte-face.
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Illustration d’en-tête : Pause photo. devant la citadelle de Besançon en 2022, à l’issue d’une journée « cohésion » organisée par la « Cocarde étudiante » Franche-Comté. Au centre, tenant le drapeau régional, Quentin Macullo, avec, à ses côtés, divers néonazis, notamment Théo Giacone, Rémi Cokjan, Arthur Fillod, etc – capture d’écran « Facebook », publication depuis supprimée. Sollicité par nos soins, l’ex-candidat à Belfort nous l’assure, malgré les proximités et articles de presse, à l’époque il n’était pas au courant des graves accusations visant ses camarades.
