« Face au racisme, il faut un sursaut »

Près de trois cents participant·e·s selon nos estimations, jusqu’à moitié moins pour la Préfecture. Mais quels que soient les chiffres, reste que, ce soir, place du Huit-Septembre 1944, une bonne partie de la gauche était là, dans une volonté « d’unité ». Certes, la société civile et la jeunesse sont, quant à elles, plus clairsemées, bien que présentes. Car, avec l’élection de Bally Bagayoko à la tête de Saint-Denis et l’organisation d’une marche dénonçant les attaques nauséabondes dont il a immédiatement fait l’objet, la prise de conscience s’est muée en protestation. Y compris au niveau local donc, ou certain·e·s élu·e·s ne sont pas davantage épargné·e·s par les saillies discriminatoires.

À l’image du communiste Hasni Alem, notamment à l’origine de cette date, qui essuie régulièrement des propos condamnables, en particulier sur les réseaux sociaux. Un cas loin d’être isolé, surtout en y incluant également les dérapages islamophobes, visant les personnes LGBT+ ou les charges sexistes qui pullulent sur la toile. Si Anne Vignot aurait pu témoigner de cette dernière réalité vécue durant son mandat, elle s’est surtout attachée, comme d’autres intervenant·e·s, à sortir de son cas pour tenter de gagner le collectif. Suffisamment rare, même au sein des mobilisations antiracistes, sa prose sur la question de l’anti-tsiganisme est ainsi particulièrement remarquée.

Chez les participant·e·s interrogé·e·s, le besoin de reconstituer une opposition sur des bases solides se fait sentir. « Depuis longtemps, on relève une montée des paroles et actes haineux. Ça concerne désormais tout le monde, plus simplement le petit facho de base. Comment va s’inscrire le changement de majorité avec cette réalité, on ne le sait pas. Mais, sans attendre quoi que ce soit de la nouvelle équipe, on devrait, a minima, arrêter les tergiversations et flous sur ce sujet. Face au racisme, il faut un sursaut. À la moindre attaque xénophobe, antisémite, misogyne, il devrait donc y avoir une réponse massive » expliquait par exemple une sympathisante du « Parti Socialiste ».

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Illustration d’en-tête : Aperçu du rassemblement, place du Huit-Septembre 1944.