À Besançon, la municipalité délaisse-t-elle la propreté de ses quartiers populaires ?

Interpellée par un élu d’opposition sur l’état d’insalubrité de certains espaces dans des quartiers populaires bisontins, la mairie semble pour l’heure rester aussi passive que muette…
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Les quartiers prioritaires de la ville de Besançon sont-ils laissés à l’abandon d’un point de vue de l’hygiène des voies et places publiques ? La question a été posée par l’élu de l’opposition à la ville, Hasni Alem dans une publication datant du 16 août 2026. Photographies à l’appui, l’élu communiste à Besançon évoque l’état des terrains sportifs dans plusieurs secteurs de la ville. Sur les images qu’il partage, on reconnaît le stade des Orchamps jonché de détritus à même la pelouse. « Et voilà ce que [Ludovic, NDLR] Fagaut appelle « redonner du beau à Besançon », écrit Hasni Alem. Un habitant interrogé mais qui souhaite garder l’anonymat raconte également son inquiétude : « J’ai rencontré un employé de la ville des Orchamps. Il m’a expliqué que ce sont les services des espaces verts qui s’occupent des terrains normalement. Mais, ils ne sont pas venus depuis quelques mois ». Une autre résidente des Orchamps, révoltée, nous raconte : « On sort de chez nous, il y a des rats qui sont morts, il y a plein de mouches partout. J’ai vu la mairie passer mais elle ne ramasse rien. On n’ose même pas ouvrir nos volets à cause de la saleté. Sans compter les bouteilles, les excréments des chiens. Alors là j’ai jamais vu ça », dénonce-t-elle.

Au-delà de ce cas particulier, d’autres quartiers sont concernés par le fléau de l’insalubrité sur les voies et places publiques. Dans le groupe Facebook « Planoise ce n’est pas une décharge publique », des riverain·e·s partagent des photos et des vidéos significatives. On peut y constater la présence de plus en plus insistante des rongeurs ou encore le niveau d’insalubrité de certains lieux et rues. La dernière publication du groupe datant du 20 août est celle d’un planoisien excédé par le niveau d’insalubrité, qui lance un appel : « Je trouve ça dégueulasse et irrespectueux vis-à- vis des personnes qui viennent nettoyer et ramasser les encombrants. Car à cause de ça c’est normal que nous sommes envahis de rats et tout le reste », écrit-il, appuyant ses propos de photos. Quelles sont les règles pratiques en cas d’absence des services concernés de la mairie ? Comment le travail se réparti et que sont devenu·e·s les agent·e·s qui sont censés nettoyer les stades et autres espaces verts ? Nous n’aurons jamais la réponse à ces questions. En effet, sollicitée par courrier électronique le mardi 18 août 2026, la municipalité n’a pas souhaité donner suite à notre demande d’entretien. .

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Des citoyen·ne·s abandonné·e·s ? 

Concernant le cas de Planoise, il est intéressant de retrouver les alertes passées sur l’état d’insalubrité des espaces de vie et comment les élu·e·s les avaient traitées. Sur ses réseaux sociaux, Laurent Croizier, conseiller municipal, avait ainsi appelé dès novembre 2018 la municipalité à l’époque, gérée par Jean-Louis Fousseret, à agir au plus vite.  « Monsieur le Maire […] Je suis particulièrement agacé par les dépôts sauvages de déchets et la dégradation du mobilier urbain, tags et autre affichage sauvage à Besançon, que ce soit au centre-ville comme dans les quartiers périphériques. […] Je crois sincèrement que la municipalité se doit d’être intraitable et d’appliquer la tolérance zéro en sanctionnant de façon systématique les pollueurs ».

Deux ans plus tard, en décembre 2020, dans une autre vidéo, l’homme politique tente de secouer à nouveau la municipalité, alors présidée par Anne Vignot. « J’ai été interpellé par des locataires de Grand Besançon Habitat, avenue du parc à Planoise, excédés par l’inaction de leur bailleur. […] L’état d’insalubrité des parties communes, des garages, du local à poubelle, du sol au plafond est totalement inadmissible. Il est temps de faire quelque chose pour ces locataires qui souhaitent vivre dans un habitat décent. Ils ont droit à la considération et au respect ».

Entre constats alarmants et volonté de créer une brigade de l’environnement, de nombreuses autres publications ont été réalisées par Laurent Croizier afin de signaler les situations d’insalubrité dans le quartier de Planoise entre 2020 et 2026. À l’approche des municipales en 2026, le 15 février dernier, il persiste, plus enthousiaste que jamais, en partageant une publication de Ludovic Fagaut sur cette thématique : « Les 15 et 22 mars, on change de municipalité. Sur les sujets de sécurité et de salubrité, les habitants du quartier de Planoise ont été abandonnés par la municipalité écologiste. Le seul vote utile dès le 1er tour est la liste ‘Ensemble Besançon Avance’ menée par Ludovic Fagaut ». Alors que le tandem Fagaut/Croizier dirige la ville depuis mars dernier, les résultats semblent loin d’être aussi spectaculaires que promis.
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Une « politique », visiblement loin de se limiter aux détritus
Dans un dossier paru le 24 juillet, « le Ch’ni » exposait comment des milliers de graffitis aux relents haineux avaient prospéré sur l’ensemble de la commune de Besançon. L’œuvre d’une unique protagoniste agissant en toute impunité depuis des mois, soulevant l’exaspération croissante de la population. À l’époque, déjà, les services compétents apparaissaient manquer de cadres diligents pour traiter la problématique. Si, depuis nos révélations, une plainte a été déposée, et, selon nos informations, une amende signifiée, les atteintes ne se sont jamais taries, nombre de signalements nous parvenant encore chaque jour. Aussi et surtout, le nettoyage de ces souillures s’avérerait très arbitraire. Une mère de famille, exaspérée de la situation, nous affirme ainsi avoir échangé ce matin-même place Flore avec des agent·e·s, en pleine besogne pour effacer les fameux messages réalisés au blanco. « Les voyant sur place, je me suis permise d’échanger avec sur le sujet. Ielles m’ont dit avoir reçu comme directive de faire le maximum, même si c’était vraiment chiant car il y’en a partout et tout le temps. Toutefois, on m’a aussi précisé que cette mesure était valable pour le centre-ville uniquement. J’ai demandé pourquoi les choses avaient tant traînées, il m’a été rétorqué que la donne avait changé depuis que les articles de presse étaient sortis ». Une logique de différenciation des territoires, qui, si elle se confirmait, rappellerait furieusement l’état d’esprit des administrations gérées par l’extrême droite… 

Toufik-de-Planoise

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Myriam Bendjilali
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Illustration d’en-tête : Détritus et ordures photographiés sur la pelouse du stade des Orchamps, quartier prioritaire de la ville de Besançon.