Dans le Grand Besançon, une traque policière organisée contre les « gens du voyage »
Mercredi dernier, plusieurs familles de Voyageurs/Voyageuses étaient expulsées du parking des Prés-de-Vaux où elles avaient trouvé refuge. Sous une escorte de la police nationale et municipale, elles ont été sommées de quitter les lieux. « Notre départ était prévu, mais une panne a un peu retardé les choses. La police ne s’est toutefois pas montrée compréhensive, exigeant d’aller vite. J’ai mon gamin de vingt ans qui est autiste, il voulait accéder à l’intérieur de la caravane afin de cadrer nos affaires pour le trajet. Un agent l’a étranglé, pour l’en empêcher. J’ai protesté, justificatifs de son statut handicapé à l’appui. Alors que je filmais la scène, ses collègues m’ont arraché le téléphone et effacé la vidéo. C’est la deuxième fois, on envisage de déposer plainte » témoignent les parents.
Alors que Emma Audrey pour « radio BIP »/« média 25 » couvrait le déroulé des opérations, elle sera mise à l’écart au prétexte que le terrain serait privé (lire encadré ci-dessous). « Ces familles sont pacifiques, ce qui s’est passé est scandaleux » expose Rémy Vienot, président de l’association « Espoir et Fraternité Tsiganes de Franche-Comté » et médiateur au Conseil de l’Europe, qui relatait son témoignage, le soir-même au café-librairie « l’Interstice », lors d’une conférence sur l’anti-tsiganisme. Pour ce référent, un tel déferlement est inédit : « Je sens un basculement, expéditif voire violent. Mais la question, c’est surtout les perspectives pour la suite. Il n’y a plus de place dans les aires de l’agglomération, aucune solution perenne ne se présente. Alors, on fait quoi ? »
À peine le groupe avait-il trouvé un répit provisoire dans le village périphérique de Roche-lez-Beauprè, qu’il était aussitôt appréhendé. « Une escouade est arrivée quelques heures plus tard, avec un arrêté communal interdisant les résidences mobiles sur le territoire… Une mise en demeure, leur laissant vingt-quatre heures pour partir. En annexe, toutes leurs plaques d’immatriculation étaient énumérées. Quand est-ce que les autorités vont comprendre que leur vie est là, plutôt que de les pourchasser indéfiniment ? Ces gens travaillent sur place, les gamins sont scolarisé·e·s ici, ielles ont leurs attaches dans le coin, on ne peut pas juste leur dire d’aller on ne sait où et s’en laver les mains ! » reprend Rémy Vienot. Pour l’heure, les intéressé·e·s se sont dispersé·e·s comme ielles pouvaient.
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Seule journaliste sur place, notre consœur Emma Audrey a été ciblée par la police. Entre les vérifications de sa qualité et les annonces relevant sa présence, elle a été repoussée dans un périmètre éloigné des faits sous prétexte que le parking des Près-de-Vaux serait privé… Consigne a-t-elle été donnée d’interdire toute image, les forces de l’ordre ont-elles quoi que ce soit à cacher de leurs pratiques ? Il s’agit en tous cas de l’énième épisode d’une longue série d’entraves, de brutalités et de poursuites spécifique aux indépendant·e·s. La rédaction du média « le Ch’ni » dénonce ces dérives, affirmant sa pleine solidarité avec l’antenne de « radio BIP »/« média 25 ». Vous pouvez d’ailleurs retrouver son reportage et la soutenir, en suivant ce lien.
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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Aperçu des opérations d’expulsion sur le parking des Près-de-Vaux, le 23 septembre dernier. Une image captée par notre consœur Emma Audrey, qui a, malgré les conditions, réalisé au mieux son travail d’information – Crédit : Capture d’écran – « radio BIP »/« média 25 ».
