À Besançon, la contestation lycéenne prend de l’ampleur

Hier mardi, les lycéen·ne·s de plusieurs établissements se sont soulevé·e·s pour dénoncer manque de moyens (enseignant·e·s sous-payé·e·s, classes surchargées, locaux parfois vétustes…), directives autoritaires (interdiction de l’abaya, restrictions sur les téléphones, instances représentatives encore trop marginalisées) et problématiques connexes (répressions brutales, montée de l’extrême droite, enjeux environnementaux…). Louis Pasteur, Louis Pergaud, Jules Haag, mais aussi Tristan Bernard, avaient été en fer de lance avant de rejoindre partiellement la grande manifestation pour le service public. Si nous avons relevé une réelle volonté de déborder les cadres syndicaux et politiques classiques, la journée n’avait cependant compté aucun incident majeur.

Ce mercredi matin, le mouvement s’est poursuivi en particulier sur Jules Haag et Pierre-Adrien Pâris. Deux blocus qui auraient viré aux affrontements avec les uniformes, puisque respectivement deux et trois élèves y ont été interpellés. Il leur est officiellement reproché la détention d’artifices, des outrages ou encore des atteintes via des projectiles. Une version policière relatée par « Ici Besançon » selon ses sources au parquet, mais qu’il ne ne nous a pas été possible de recouper. Signe, néanmoins, du caractère potentiellement général et arbitraire de ces arrestations, un des motifs retenus est la « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de dégradations de biens », disposition fourre-tout très controversée.

Demain jeudi, les choses devraient se poursuivre. « L’Union Syndicale Lycéenne » (USL), référence engagée ces derniers jours, appelle ainsi à continuer la lutte, par des actions prévues sur Louis Pergaud, Louis Pasteur, Claude-Nicolas Ledoux et Victor Hugo. Tristan Bernard et Jules Haag pourraient rejoindre à nouveau la fronde, avec une organisation cette fois plus autonome. « Face à la colère qui monte, la seule réponse d’Emmanuel Macron et du gouvernement c’est le mépris, la criminalisation et la coercition. Un gamin pourrait avoir été défiguré à Saint-Ouen-l’Aumône, un second vraisemblablement éborgné à Tours. Massacrer sa jeunesse contestataire, c’est là le visage et seul projet de ce pouvoir. Mais ça n’arrêtera pas la vague » s’emporte un membre de la « FSU ».

.
Toufik-de-Planoise
.
Illustration d’en-tête : Aperçu du blocus au lycée Louis Pergaud, le 29 septembre 2026. Un participant exhibe une pancarte, qui proclame « la jeunesse emmerde le R’haine [RN, ‘Rassemblement National’] » – Crédit : Toufik-de-Planoise.