Au « Rassemblement National » de Franche-Comté, il faut sauver le soldat Jordan Bardella
Édito. Si certain·e·s ont cru en une « normalisation » du « Rassemblement National » (RN), c’est faire peu de cas des dérapages racistes, islamophobes, anti-LGBT, qui éclaboussent régulièrement ses responsables, y compris comtois·e·s. Mais, depuis le vichyste Roland Gaugillot-Gaucher, une distance était affichée, au moins en vitrine, concernant l’antisémitisme. Entre les origines locales de Jean-Richard Sulzer, la participation à une marche de la « LICRA », ou les attaques visant les activistes aux droits du peuple palestinien, les gages se voulaient sérieux, malgré l’usage du concept nazi « untermensch » ou un hommage à « la justesse des analyses » de feu Jean-Marie le Pen. Or, depuis les révélations de « Mediapart », les lepénistes entendent faire front, malgré la gravité des accusations.
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Peu importe les évidences, l’extrême droite essaie encore de faire bloc derrière Jordan Bardella. Alors que celui-ci devait rompre avec les vieux démons du mouvement, il aurait été le vecteur d’une haine viscérale contre les Juifs/Juives. Comme son président, les troupes s’essaient à une réfutation complète des faits. Prenant position en ce sens notamment sur les réseaux sociaux, une bonne partie de l’élite régionale y est allée de son petit mot. En premier lieu les parlementaires, parfois très prolixes. À l’instar de Géraldine Grangier, députée « RN » de la quatrième circonscription du Doubs, pour qui « la haine n’est pas dans notre camp. Avec ces Fake-news et autres accusations infondées, nous savons où elle est » et qui charge un « journal militant d’extrême gauche et spécialiste des fake-news qui n’a pu s’empêcher de tenter d’influencer les présidentielles ».
Dans la troisième circonscription du Doubs, le député « UDR » Matthieu Bloch proclame : « Le ministre israélien en charge de la lutte contre l’antisémitisme apporte son soutien à Jordan Bardella, rappelant très clairement les origines de Mediapart et l’immense écart entre les prises de positions du RN et celles de l’extrême gauche ces dernières années. Je pense qu’on peut désormais parler des vrais problèmes des Français plutôt que de perdre notre temps avec les délires des adeptes de la ‘nouvelle France’ ». Même théorie surprenante pour Guillaume Bigot, député « RN » de la seconde circonscription du Territoire-de-Belfort, tranchant lui aussi : « Qui va croire que Mediapart disposerait d’informations que le Mossad n’aurait pas, ou qu’il aurait ignorées, avant d’accueillir Jordan Bardella en Israël ? Cette polémique est grotesque. Le RN est le glaive contre l’antisémitisme ».
Une prose relayée par de nombreux seconds couteaux du « RN », comme Doriane Nicole, conseillère à Delle, enchaînant les partages remettant en cause « Mediapart », Anaïs Vial, responsable « RNJ » du Doubs, reprenant un communiqué de Jordan Bardella, Walter Plançon, conseiller à Pont-de-Roide/Vermondans, qui espère que « ce journal sera un jour condamné pour les informations diffamatoires à l’encontre du Rassemblement national », Christophe Soustelle, délégué du Territoire-de-Belfort, s’élevant contre « les mensonges d’Edwy Plenel », ou encore Thomas Lutz et Valéry Graby, au conseil régional, l’un se faisant l’écho d’un visuel ironique et l’autre apportant son « soutien total » au président. Quelques exemples dans ce flot de dénégation généralisée qui rappellent, si besoin était, la nature hautement faussaire du « Rassemblement National ».
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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Jordan Bardella lors d’un discours au parlement européen, le 4 mai 2022 – Crédit : European Parliament/cc-by-2.0.
