Fin de la détention provisoire pour Mikhail

En détention depuis son arrestation le 2 octobre à Belfort, le lycéen sera libéré ce soir avec une assignation à domicile et une interdiction de manifester. Auteur présumé de violences sur le policier qui l’avait interpellé en lui plongeant la tête dans le cours d’eau « la Savoureuse » et contre qui il a porté plainte pour tentative de meurtre, le jeune homme passait ce matin devant le juge pour un appel de son refus de libération du centre de détention pour mineurs de Lutterbach. Environ 200 personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal de Besançon, en soutien et pour dénoncer les violences policières qui sont légion depuis le début du mouvement lycéen.
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Dès 9h ce matin, près de 200 personnes, lycéen·ne·s, étudiant·e·s, militant·e·s syndical·e·s et associatif·ve·s étaient présentes devant le tribunal de Besançon. Pas d’accueil du jeune Mikhaïl cependant, ce dernier étant placé en détention depuis son interpellation à Belfort, en marge des mouvements lycéens. L’histoire de ce jeune avait fait le tour des médias en France, d’abord pour les faits qui lui sont reprochés, « un passage à tabac d’un policier » selon Paul-Edouard Lallois, procureur de Belfort, qui a ouvert une enquête pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Puis dans un deuxième temps, pour les instants précédant les violences contre le policier : l’interpellation du même jeune homme de 17 ans, dans le cours d’eau « la Savoureuse », par ce même agent. Une action « d’une exceptionnelle sauvagerie », commente son avocat Me Arié Alimi, pendant laquelle le lycéen avait eu la tête immergée plusieurs secondes dans l’eau. Ce dernier a depuis porté plainte pour « tentative de meurtre et complicité par instigation ».

Après plus de 2h dans le tribunal, l’affaire a finalement été instruite et la délibération a conclu à la libération du jeune homme de sa détention provisoire « avec un contrôle judiciaire extrêmement strict », explique son avocat à la sortie du tribunal. « On s’est un petit peu étonné que Mikhaïl soit le seul à avoir été envoyé en détention provisoire alors qu’on reproche exactement les mêmes choses aux autres » continue-t-il, puis ajoute que c’est « peut-être parce que c’est lui la victime à l’origine et que le procureur de Belfort […] a essayé d’éteindre et de dissimuler la réalité du scandale ». Arié Alimi rappelle qu’il s’agit d’un enfant qui reconnaît sa participation aux mouvements lycéens et sa participation à des actes répréhensibles, mais que rien ne justifie une tentative de meurtre par un membre des forces de l’ordre. « Le fonctionnaire de police déclare lui-même qu’il lui a bien plaqué la face dans l’eau » ajoute-t-il, un récit qui va à l’encontre de celui du procureur et qui met à mal toute la défense médiatique et gouvernementale du policier dans cette affaire.

Pancartes collées sur le mur du tribunal pendant le jugement en appel de Mikhaïl – Crédit Nadwo

L’avocat conclut en disant que cette étape est passée et que le jeune sera jugé pour les faits qu’il a reconnus mais que « maintenant il y a l’autre affaire […] la tentative de meurtre sur cet enfant », s’attaquant aux décisions qui ont suivi son interpellation, et particulièrement celles du procureur de Belfort, Paul-Edouard Lallois, qui se serait exprimé « au-delà des pouvoir légaux qui lui sont conférés par le code de procédure pénale » et dont Me Arié Alimi assure qu’il va « [s’occuper] de son cas à ce procureur de la république » et qu’il envisage des poursuites à son égard.

Nadwo

Illustration d’en-tête : Sortie du tribunal sous les applaudissements d’Arié Alimi, l’avocat du jeune Mikhaïl – Crédit : Nadwo.