Mouvement lycéen : Ce 15 octobre, manifestation, commissariat et conseil municipal

Depuis plus de deux semaines, les journées commencent tôt pour les lycéen·ne·s et les étudiant·e·s de Besançon. Les blocages continuent dans les différents établissements bisontins, sans baisse de motivation. Mais ce jeudi, la mobilisation a commencé fort, au petit matin, avec l’arrestation d’un jeune du lycée Louis Pergaud.

Aux alentours de 08h30, la police a interpelé un élève alors qu’il participait au blocage du lycée Pergaud avec ses camarades. C’est à la suite d’une déclaration au micro qu’il est pris à part par les forces de l’ordre puis embarqué pour « outrage et incitation à la haine », tout cela sous les yeux médusés des militant·e·s syndicales et de ses camarades qui rapportent la seule phrase litigieuse qui serait « nique la police ». Suite à cette situation, les lycéen·ne·s prennent la décision de s’élancer dans les couloirs de l’établissement afin de manifester leur colère à l’intérieur, avant de partir rejoindre le rassemblement prévu au centre-ville, place de la Révolution.

La manifestation prévue à 14h00 prend doucement forme sur place. Peu à peu, se rassemblent lycéen·ne·s, étudiant·e·s et syndicats pour un départ vers 14h45. Le cortège, moins fourni que les jours précédents, d’environ 250 personnes, se déplace tranquillement sur le trajet prévu. C’est une fois arrivé sur l’avenue du 8 mai 1945 qu’une partie du groupe se détache et dérive pour un premier arrêt.

Porté par des lycéen·ne·s, le cortège est dévié vers le commissariat de la Gare d’Eau. C’est encadré par les policiers, déjà bien en place avant l’arrivée du cortège, que le groupe commence alors un « sit-in », bloquant la circulation du tram’ et des véhicules. Par cette action, les jeunes ont souhaité soutenir leur camarade, alors encore détenu dans les locaux du commissariat, et demander sa libération de manière pacifique.

Les manifestant·e·s assis·e·s face aux forces de l’ordre, armées et en nombre, pour empêcher la progression du cortège vers le commissariat – Crédit : Marius.

Le cortège reprend son trajet après près de trente minutes, pour se diriger sur la suite du chemin initial de la manifestation. Après une fin de parcours sans accroc, le cortège retourne à son point de départ, à la place de la Révolution, afin de faire une brève pause avant qu’un petit groupe ne se détache. Une manifestation sauvage prend alors forme, composée majoritairement, une nouvelle fois, de lycéen·ne·s.

De nouveau, le cortège va marcher pacifiquement vers le commissariat afin de renouveler la demande de libération de leur camarade. Face à l’absence de dialogue et d’écoute de leurs revendications de la part des représentants de police, la décision de partir vers l’hôtel de ville, place du Huit-Septembre, émerge, avec en tête, le conseil municipal à venir. Le groupe va alors s’y rendre dans l’espoir d’interpeler passant·e·s et élu·e·s.

Fin de cortège devant l’hôtel de ville, alors que vient de commencer le conseil municipal à l’intérieur du bâtiment – Crédit : Racoon.

Après plus de trois heures de manifestation et une longue journée pour les personnes mobilisées, se décide la fin de la manifestation, devant l’hôtel de ville, aux alentours de 18h00. S’y retrouvent alors, en plus, écologistes de la marche pour le climat, membres du collectif « Écoles Vivantes » quant à la rénovation des établissements scolaires et autres opposant·e·s aux politiques de Ludovic Fagaut. Concernant le jeune homme arrêté le matin, il sera finalement libéré aux alentours de 19h30, sans que son sort judiciaire ne soit encore connu.

Marius

Illustration d’en-tête : Sit-in des manifestant·e·s devant le commissariat de la gare d’Eau pour réclamer la libération de leur camarade – Crédit : Marius.