« Sur ce site, toutes les femmes et minorités de genre seront les bienvenues »
L’établissement n’est pas encore tout fait opérationnel, mais sa concrétisation pratique commence à se dessiner. Comme nous l’exposions déjà le 30 janvier dernier, la « Maison Des Femmes pour l’Égalité » (MDFÉ) de Besançon se matérialise enfin dans son antenne du 2A rue Andrey. Imaginé sous l’égide du « CIDFF » et de « Solidarité Femmes » avec le concours de la municipalité, c’est un espace de quelque 1 000m² qui est entièrement consacré à un accueil pluridisciplinaire incluant médico-social, questions juridiques ou insertion professionnelle.
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Entité aux prérogatives nouvelles, ou rassemblement des différentes énergies déjà existantes ? À cette interrogation, il est encore difficile de répondre. Mais il faudra s’attendre à une synergie de ces deux visions, en fonction des engagements, attentes, besoins. « Avec près de trente intervenant·e·s issu·e·s de nos associations respectives, le fonctionnement est encore en rodage. On a conçu ce lieu de manière horizontale avec une gouvernance partagée, les choses seront donc construites en fonction des réalités et des retours » nous explique-t-on lors d’une conférence de presse.
En premier lieu, un focus sera évidemment mis sur les violences intrafamiliales. « Pendant des siècles, les femmes étaient des citoyennes de seconde zone. Les consciences et le droit ont certes évolué, mais il ne faudrait pas négliger le fait que ce passif s’inscrive encore dans bien des comportements et réflexes. Comme le précise le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité, la montée des masculinismes, traditionnels ou violents, est aujourd’hui une vraie problématique. On veut donc aussi agir sur l’aspect éducatif, car plus tôt le sujet est traité et moins les dégâts sont importants ensuite ».

Côté finances, l’horizon n’est pas encore dégagé. Si le bâtiment a notamment pu être acquis grâce au mécénat de la population, reste un équilibre à trouver pour les charges, salaires et autres dépenses. Un premier budget a pu s’instaurer avec les dotations consenties par l’État, la région, la ville, « l’ARS », la fondation des femmes, mais des discussions sont engagées par exemple avec le département et la « CAF » pour aller plus loin. « Nous sommes autour de 135 000€ cette année, mais l’idéal serait de monter jusqu’à 220 000€ pour avoir davantage de moyens et de personnel ».
Dans ces locaux, on retrouvera enfin les sièges du « CIDFF » et de « Solidarité Femmes », bien sûr, mais aussi ceux du « CICS », de « Femmes-Égalité Emploi » ou encore du controversé mouvement « du Nid ». Pour autant, les minorités de genre ainsi que les travailleurs/travailleuses du sexe devraient avoir aussi leur place. « Sur ce site, toutes les femmes et minorités de genre seront les bienvenues. Notre logique d’accès se veut inconditionnelle, indépendamment de considérations telles que les données socio-économiques, le statut administratif ou l’identité de genre » nous assure-t-on.

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Illustration d’en-tête : Une partie des bénévoles et intervenant·e·s de la « Maison Des Femmes pour l’Égalité », posant devant la façade flambant neuve de l’établissement.
