Le mouvement lycéen se poursuit sur Besançon, une journée de convergence ce mardi

Ce vendredi matin, les blocus se sont maintenus dans plusieurs établissements comme Louis Pasteur, Jules Haag ou encore Condé. Au lendemain d’une contestation massive, plusieurs centaines de jeunes restaient ainsi engagé·e·s pour réclamer de meilleures conditions d’éducation. Mais, comme la veille, des affrontements ont rapidement éclaté avec les forces de l’ordre. Cette fois, néanmoins, une résistance bien plus farouche s’est exprimée face aux gaz lacrymogènes, alors que les défilés ont pris la suite et que les syndicats sont enfin sortis de leur torpeur. Ainsi que l’affirment certain·e·s notables tels que le maire Ludovic Fagaut, serait-ce la démonstration que cette grogne s’avère tenue par la fameuse « extrême gauche » ?
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Sur le portail du lycée Condé situé en plein cœur de Battant, les revendications n’ont pas bougé. Problématiques persistantes autour de la filière « Parcoursup », paniques morales autour des élèves de confession musulmane, manque de moyens humains et matériels, instances représentatives n’ayant aucun poids, répression interne et policière parfois brutale… Les 13 mars, 29 mai et 15 septembre 2026, nous exposions, déjà, sur Besançon et Montbéliard, un malaise grandissant. Les mois passant, sans aucune perspective, l’histoire a fait son chemin, la situation finissant par éclater à Créteil à partir du 18 septembre, avant de gagner toute la France. Une véritable explosion, qui s’est notamment matérialisée par une confrontation très violente avec la police.
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Aperçu des affrontements, ce matin place Marulaz – Crédit : Toufik-de-Planoise.

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Aujourd’hui, ces algarades permettent de relever le caractère désormais plus structuré de cette synergie. Protections contre les gaz type lunettes de piscine, cellules d’informations juridiques pour défendre ses droits, mais aussi, sur place, volonté assumée d’en découdre « pour ne plus juste subir », ainsi que nous l’avons noté place Marulaz, lorsque les cordons de boucliers ont été chargés par la formation constituée d’éléments relativement disparates, s’agissant d’un condensé de lycéen·ne·s venu·e·s de divers sites, de gamin·e·s issu·e·s de quartiers prioritaires, ainsi que de quelques étudiant·e·s là en soutien. Mais, à l’exception d’une poignée de syndicalistes ainsi que d’élu·e·s de l’opposition présent·e·s en observation, pas de gourous marxistes tirant les ficelles.
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Une pancarte dressée devant le lycée Jules Haag cette après-midi, proclamant « emplois du temps surchargés – jeunesse épuisée » – Crédit : Myriam Bendjilali.

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Une absence des « corps intermédiaires » telle que les reproches ont commencé dès mardi, bien des voix critiquant ouvertement les centrales traditionnelles pour leur manque criant d’implication et de solidarité. Mais, progressivement, les communiqués et décisions tombent, à l’instar de la « CGT » qui dénonce les « politiques gouvernementales d’austérité et de surdité aux alertes répétées des personnels des syndicats lycéens » ainsi que « la répression policière organisée par le gouvernement et utilisée pour intimider la jeunesse qui mène ce mouvement ». Comme elle, après un précédent une semaine plus tôt, bien d’autres références appellent clairement à une importante journée de mobilisation, par des grèves et manifestations, dès le mardi 6 octobre prochain.
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Drapeau palestiniens déployés, dans la fontaine de la place Marulaz – Crédit : Myriam Bendjilali.

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Si aucune tendance ne s’impose même à la lumière de cette possible convergence, le modèle des « gilets jaunes » revient inlassablement dans toutes les têtes. L’aspect massif, autonome, spontané, radical, durable, formant autant de points de comparaison. Un bras de fer qui tétanise les pouvoirs, d’autant plus qu’il s’installe au-delà des salles de cours et ce malgré les arrestations. Ainsi, aux interpellations des dernières heures, ont répondu la multiplication des cortèges sauvages dans toute la cité, de la gare de Besançon-Viotte aux contreforts de la Préfecture. Difficile d’appréhender les suites concrètes de ce « soulèvement », si ce n’est de considérer qu’une colère froide s’exprime et qu’il semble hasardeux de la réduire à des manipulations, égarements ou lubies.

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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Manifestation sauvage de lycéen·ne·s aux abords des établissements Jules Haag et Condé, ce vendredi 2 octobre 2026 – Toufik-de-Planoise.