Malgré l’interdiction, forte mobilisation à Besançon ce 24 octobre

Alors qu’une interdiction préfectorale prohibait tout rassemblement sur l’ensemble du centre-ville de Besançon, un cortège s’est tout de même formé au parc des Glacis, avant de s’élancer en direction de la rue de Dole. Dans un contexte de répression autoritaire sur l’ensemble du pays, la capitale comtoise n’a pas échappé aux affrontements avec les forces de l’ordre. Avec plus de 4000 personnes au départ de la manifestation, les chiffres oscillant jusqu’à 10 000 personnes au pic du cortège, la pluie et les annonces préfectorale et gouvernementale ont peut-être effrayé certain·e·s, mais ont surtout renforcé la détermination des autres.
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Encore un samedi pluvieux pour accompagner ce que certain·e·s appellent l’acte II de la mobilisation contre la vie chère. Une journée marquée par les nombreuses interdictions de rassemblements partout en France comme à Besançon où, malgré deux référés portés par divers syndicats, associations ou partis, l’interdiction dans l’hyper-centre a été maintenue. Avec deux nouveaux appels au parking Battant et aux Glacis, les manifestant·e·s ont tout de même trouvé endroit où se rassembler. Sur place, chants, slogans et musique retentissaient malgré le mauvais temps, jusqu’à ce qu’aux alentours de 15h00, plusieurs personnes lancent spontanément le cortège en direction de l’avenue de la Paix. Passant par la place du Maréchal Leclerc puis en direction de la rue de Dole, le cortège semble vouloir s’éloigner du centre-ville, étant donné l’interdiction. Certains et certaines parlent de Chateaufarine, d’autres de Micropolis, au final la manifestation sera bloquée par la police dès le rond-point proche de l’Intermarché de Saint-Ferjeux.

Dès l’approche du cortège, les lacrymogènes puis charges successives de la police forcent la manifestation à rebrousser chemin. Rabattu·e·s vers le centre-ville, les manifestant·e·s subissent gaz et interpellations jusqu’à se retrouver dans le secteur de Canot, où iels doivent faire face à un pont bloqué. Après une première sommation, le cortège se dirige vers Battant par le quai Veil Picard et la rue d’Arènes, puis finit par occuper la place Jouffroy d’Abbans, face au pont Battant intégralement bloqué par les gendarmes mobiles et la BAC. Rapidement, les affrontements avec les forces de l’ordre reprennent, le cortège étant complètement bloqué et ne sachant pas où aller. Les premières lacrymogènes disperseront la foule en plusieurs groupes, partant en direction de la rue de la Madeleine, d’Arènes, Battant et quai de Strasbourg, poursuivis par différents escouades de forces de l’ordre. À partir de là s’installe un véritable jeu du chat et de la souris, même si le gros du cortège persiste rue de la Madeleine.

Petit à petit, plusieurs personnes finissent par rallier la place Jouffroy d’Abbans, donnant sur place un mélange étrange de manifestant·e·s et de forces de l’ordre, les choses se calment et se tendent successivement. Certain·e·s commencent même à danser face au pont bloqué mais rapidement, des interpellations relancent la colère de la foule face aux forces de l’ordre. Au final, les derniers groupes se dispersent au fur et mesure jusqu’à la réouverture des ponts aux alentours de 19h30. Dès demain 09h00, l’Union Syndicale Lycéenne appelle à converger devant le commissariat pour réclamer la libération des personnes interpelées dans cette journée marquée par une très forte répression. Du fait du caractère très diffus du moment, des changements de parcours et de l’éclatement du cortège, « le Ch’ni » publiera demain un descriptif plus détaillé, revenant sur les différentes arrestations, probablement près d’une vingtaine à l’heure actuelle, et en se basant sur les éléments récoltés tout au long de la journée.

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Nadwo
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Illustration d’en-tête : Le cortège en bas de l’avenue Charles Siffert, juste avant de partir en direction de la rue de Dole – Crédit Nadwo