Le photoreportage du mois : le Doubs à sec, stigmate d’un été de tous les records
En France, les réseaux de climatologie se développent à partir de la moitié du XIXe siècle. En 1900, le Bureau central météorologique (BCM) reçoit des données mensuelles et quotidiennes de très nombreux observatoires, écoles normales, sémaphores, phares et stations météorologiques. Toutes ces données collectées depuis le tout début du XXe siècle nous permettent aujourd’hui de mettre en lumière les bouleversements climatiques que nous sommes en train de connaître.
Aucun été passé n’aura été similaire à celui de 2026. Tous les records ont été battus et cela « illustre ainsi très concrètement une trajectoire déjà documentée », dit Météo-France dans son bilan climatique pour cet été. Le territoire métropolitain a connu au total 53 jours de vague de chaleur, répartis en trois épisodes, dont celui de la mi-juin qui fut particulièrement « précoce et exceptionnel ». Les incendies ont ravagé une quantité record d’espaces, des températures océaniques ont pour la première fois été observées sur le territoire hexagonal et en Corse, le taux d’ensoleillement fut « hors norme », il y a eu un déficit de précipitations « quasi généralisé », « la sécheresse des sols à l’échelle du pays atteint des niveaux inédits dans l’absolu », et les relevés de température à la surface de la mer « atteignent des niveaux jamais observés, tant sur les valeurs maximales quotidiennes que sur la moyenne saisonnière ».
Toutes ces données produites scientifiquement doivent nous alerter et nous rappeler que les activités humaines sont à l’origine de ces bouleversements majeurs, qui vont durement nous impacter dans un futur proche et plus lointain. Face à ce défi majeur, qui pourrait remettre en question la survie de l’humanité, des réponses politiques, collectives et radicales doivent être apportées.
Ce mois-ci, pour nous remémorer cet été hors norme, mais qui pourrait tout de même « être l’été le plus ‘froid’ du reste de notre vie », nous avons fait le choix de vous embarquer dans le lit du Doubs tel qu’il était début août de cette année, pour une balade entre les Maison-du-Bois-Lièvremont et le Défilé d’Entre-Roches, à quelques kilomètres avant le Saut du Doubs, là où sont visibles les stigmates de la crise climatique.
























Lou Bresson (photographies) et Antoine Mermet (texte)
Illustration d’en-tête : dans le lit du Doubs, sur la commune des Maisons-du-Bois-Lièvremont. Lou Bresson
