Grève et manifestation ce jeudi, le point à Besançon

À Besançon comme dans de nombreuses villes, la synergie qui s’est organisée est inédite depuis l’opposition à la réforme des retraites en 2023. Les principales structures militantes invitent ainsi les travailleurs et travailleuses à cesser leurs activités et à rejoindre les cortèges « contre la vie chère », qu’ils soient syndicaux (« CGT », « CFDT », « CFTC », « UNSA », « CFE-CGC », « SUD », « FSU », « CNT-SO »…) étudiants/lycéens (« Solidaires », « UNEF », « USL »…) ou politiques (du « Parti Socialiste » à la « Fédération Anarchiste », en passant par « la France Insoumise », « les Écologistes » ou le « Parti Communiste Français »).
.

Une journée de luttes dont la concrétisation la plus visible est prévue avec une manifestation, entre un départ à 14h00 parking Battant et une arrivée en milieu d’après-midi sur Révolution. Si cette date était annoncée depuis longtemps, son inscription dans les révoltes en cours pourrait-elle refroidir les autorités ? Car le trajet comprend la gare Viotte, la place Leclerc, Chamars, la Préfecture et Granvelle. Autant de points sensibles qui avaient fait l’objet d’interdictions, en particulier dans un hyper-centre cadenassé par les uniformes. Les recours engagés par la plupart des signataires n’y changeant rien, le tribunal administratif les déboutant systématiquement.

Autre inconnue, les taux de participation active. Pour un « vieux de la vieille » de « Lutte Ouvrière », les remontées de terrain ne sont pas exceptionnelles et « présagent probablement qu’il y ait du monde dans la rue mais finalement assez peu de bataille au sein des entreprises ». Ainsi, comme de coutume désormais, c’est le secteur public, en particulier l’Éducation nationale, enseignant·e·s et élèves, qui devrait être en pointe sur cet axe. Les lycées et facultés ont été calmes depuis la rentrée, les minutes de silence observées mardi matin, notamment à Pierre-Adrien Pâris, suite à l’attentat raciste/islamophobe de Trappes, n’ayant pas abouti à des blocus.
.

Ce matin devant les grilles du lycée Louis Pergaud, gardées par des agents de la police nationale, les volontés de rassemblement ont tourné court, pour l’instant. Crédit : Myriam Bendjilali.

.
Mais les entrevues et préparatifs visant le surlendemain se sont néanmoins multipliés, avec un mot d’ordre commun sur Mégevand, la Bouloie, Louis Pasteur, Louis Pergaud, Victor Hugo ou Pierre-Adrien Pâris. C
ertains domaines, comme le social/médico-social ou la fonction territoriale, annoncent également un suivi significatif. Hôpital, poste, rail, devraient aussi connaître des perturbations, dont l’ampleur est plus difficile à évaluer. Les retraité·e·s ne sont pas en reste, toutes leurs instances – « CFE-CGC » exceptée – s’associant à la synergie. Dans le privé, les choses sont souvent plus éparses, mais çà et là, quelques signes plaident pour une convergence.

« Après concertation avec les salarié·e·s, l’établissement où je bosse sera fermé ce jeudi. Je ne sais pas à quel point c’est représentatif du climat général, mais chez nous c’est une situation jamais vue » explique l’employé d’un restaurant réputé de Rivotte. Même son de cloche auprès des plus isolé·e·s, comme dans cette fabrique de la périphérie : « A priori, je serai le seul absent de la boîte ce jour-là. Mais peu importe, je tiens à ce que ma colère soit entendue » rapporte un ouvrier spécialisé embauché depuis moins d’un an, qui « galère à boucler ses fins de mois ». Un leitmotiv répandu dans la population, qui pourrait dès lors transformer ce simple appel en raz-de-marée.

.
Toufik-de-Planoise
.
Illustration d’en-tête : Aperçu d’un cortège du secteur médico-social, le 2 avril 2025 à Besançon – Crédit : Toufik-de-Planoise.