Enseignant·e·s, retraité·e·s, avocat·e·s… Une semaine de mobilisations à Besançon

Ces derniers jours dans la capitale comtoise, plusieurs rendez-vous étaient donnés par différents corps professionnels et sociaux. Enjeux, participation, suites, « le Ch’ni » fait un point rapide sur ces mouvements.
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L’éducation nationale en effervescence
Avec la nouvelle carte scolaire pour les écoles maternelles et primaires, de nombreux établissements comtois sont touchés par des baisses dans les effectifs d’enseignant·e·s. Un ajustement commandé par les réalités démographiques selon le rectorat, analyse que ne partagent pas les organisations syndicales. Sur le département du Doubs, ce sont vingt-et-un postes et près de quatre-vingt classes qui étaient menacés, en particulier dans les zones rurales. Après divers rassemblements, une journée de grève était appelée le 31 mars, avec un cortège d’environ trois cents manifestant·e·s à Besançon. Démonstration qui aurait déjà permis d’obtenir un tiers de suppressions en moins, selon la coordination « SUD/Solidaires », « CFDT », « FSU », « CGT » et « Force Ouvrière ».
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Un rassemblement de retraité·e·s
Jeudi matin, une soixantaine de retraité·e·s et soutiens se sont retrouvé·e·s place Louis Pasteur. Accès aux services de santé, sacralisation de la sécurité sociale et revalorisation du pouvoir d’achat étaient au cœur des revendications. Un mouvement de grogne qui s’inscrit dans le temps, après une première date le 6 novembre dernier. « La moyenne [des pensions] est autour de 1 500 euros nets, avec des inégalités criantes entre les classes et les genres, alors que deux millions de concerné·e·s sont sous le seuil de pauvreté » résumait une intervenante à ce moment-là. Un leitmotiv qui s’est donc renouvelé avec un focus sur les besoins spécifiques de ces populations, dont la planification, le financement et l’application d’une grande branche relative à l’autonomie.
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Les avocat·e·s en grève jusqu’au 10 avril
Dans le cadre d’une fronde nationale, le barreau de Besançon a acté son opposition à un projet de réforme judiciaire jusqu’à vendredi prochain. En cause, l’extension des plaidés-coupables aux crimes, la disparition des juré·e·s dans les cours criminelles départementales d’appel, la diminution de nombre de magistrat·e·s aux assises passant de cinq à trois, ou l’application de délais restrictifs pour soulever une nullité de procédure. Un ensemble de mesures visant à désengorger les tribunaux, critiquées par les références féministes mais aussi la première bâtonnière, Emmanuelle Huot, qui, interrogée par « France 3 », fustige une entrave à l’action des avocat·e·s ainsi qu’une atteinte aux droits de la partie civile, de la défense et des administré·e·s.
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Clinique Saint-Vincent/Saint-Pierre et prix de l’essence…
Depuis le 20 mars, les salarié·e·s des cliniques privées Saint-Vincent à Besançon et Saint-Pierre à Pontarlier sont engagé·e·s dans un bras de fer avec leur direction. Près de la moitié du personnel avait plié leur blouse blanche au lancement de la contestation, réclamant une revalorisation de leur paie en rapport, avec les résultats confortables du groupe « Elsan ». Depuis, les actions, débrayages et communiqués se multiplient, sans succès pour l’instant. Autre front, ce samedi, place de la Révolution, avec quelques protagonistes protestant contre l’explosion des tarifs à la pompe. « À plus de deux euros le litre, on n’arrive plus à travailler, faire les courses, gérer le quotidien » dira l’un d’eux, avant d’être dispersé par des agent·e·s de police venu·e·s en nombre.

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Illustration d’en-tête : Aperçu du rassemblement des retraité·e·s, le 2 avril place Louis Pasteur – Jean-pierre Bovy.