Déplacement de palmiers à Besançon, deux interpellations
Ce samedi 13 juin à 15h à Besançon, une dizaine de personnes s’étaient réunies, à l’appel d’un collectif citoyen, pour déplacer les palmiers du pont Battant en direction de l’hôtel de ville. Une opération menée pour réagir à la politique « d’embellissement floral de la ville » portée par le nouvel édile. « Ces choix de la mairie sont honteux, ils ignorent les enjeux climatiques et écologiques pour mettre du rapide, de l’esthétique, du jetable » explique un participant avant de poursuivre « On fait face à des pics de chaleur, c’est encore le cas aujourd’hui, il y a des enjeux écologiques et sociaux auxquels il faut répondre. Ces implantations de palmiers hors-sol ne sont qu’un leurre ».
À peine débutée, l’action fait réagir, les passant·e·s sont en nombre dans le centre ville et bientôt, quelques mécontentements mais surtout plusieurs de soutiens spontanés se manifestent. Des débats éclatent sur l’embellissement de la ville ou l’incohérence avec la flore régionale. Des tracts sont distribués pour expliquer l’action et les enjeux climatiques qui doivent être soulevés. Mais rapidement, les détracteur·ice·s réduisent toute discussion à une opposition formelle « gauche – droite » avant de se déclarer « soutiens de Ludovic Fagaut contre les gauchistes comme vous [sic] » et d’appeler la police. Ces derniers arriveront quelques minutes après pour arrêter l’action en cours, à l’entrée de la Grande Rue.
Menaçant « d’embarquer tout le monde » dans un premier temps, les forces de l’ordre procèderont finalement à un contrôle d’identité, expliquant qu’une convocation ultérieure, pour un placement en garde à vue, serait faite. Deux personnes seront tout de même emmenées au poste mais libérées une heure plus tard. Le motif : tentative de vol de bien public selon les uniformes, assimilant l’action avec le vol de fleurs ayant eu lieu plus tôt dans la semaine. Un refus catégorique d’admettre le caractère politique de la situation malgré un soutien manifeste des passant·e·s.
De son côté, le maire de Besançon a rapidement réagi sur les réseaux sociaux, qualifiant l’action de « vol et dégradation » ou de « vandalisme », il a annoncé déposer plainte. Dans sa communication, il a surtout jeté en pâture d’internet une des personnes présente pendant l’action, pourtant davantage spectatrice et médiatrice autour du groupe que réelle partie prenante, sous prétexte de son appartenance à l’ancienne équipe municipale. Un déchaînement de haine contre l’individu qui ne s’est pas fait attendre dans les commentaires, galvanisé par les mots premier édile. Au final, deux pots auront bougé d’une vingtaine de mètres, sans dégradations. Reste à savoir quelles en seront les conséquences.
Illustration d’en-tête : Quatre agents de police entourant le groupe d’initiative citoyenne pour stopper le déplacement et protéger le palmier.
