Un air de Mai 68 à Besançon ce samedi
La journée était attendue depuis l’appel lancé il y a quelques semaines par des survivances des « Gilets Jaunes », en appui du « mouvement lycéen » encore très vivace. Cet après-midi, la convergence des revendications, appuyée par plusieurs centrales syndicales, a réuni pas moins de 12 000 personnes dans les rues de Besançon, estimation basse.
Malgré une petite pluie et une organisation foutraque, un rassemblement a eu lieu ce samedi 17 octobre sur la place de la Révolution, drainant à partir de 14h00 plusieurs milliers de personnes. Lorsque le cortège sauvage s’élance direction Battant, on ignore encore que les comptages oscilleront entre 12 000 et 15 000 participant·e·s, un score exceptionnel pour la ville. Grande Rue, Granvelle, le tunnel de la Citadelle puis retour au centre-ville, il faudra attendre un passage devant la Préfecture pour que les affrontements avec la police commencent. Entre barricades en feu et gaz lacrymogènes lancés à l’envi, Chamars s’est transformé en théâtre de lutte aux allures soixante-huitardes.
Alors que les slogans contre « les flics, l’État et les fachos » ont rejoint les revendications sociales, s’ajoutant à celles des lycéen·ne·s, plusieurs petits groupes ont essaimé dans la capitale comtoise, générant des affrontements avec les forces de l’ordre à Granvelle, à Battant ou encore place de la Révolution et au centre-ville. Entre jets de grenades et de gaz, plusieurs quartiers ont été saturés de fumées toxiques, forçant manifestant·e·s et passant·e·s à se réfugier dans divers bars et commerces. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la situation est toujours tendue dans plusieurs endroits du centre-ville, avec notamment plusieurs départs d’incendies. Le « Ch’ni » publiera un descriptif détaillé de cette intense journée dans les prochaines heures.
Peha
Aperçu : le rassemblement de la place de la Révolution, avant le départ en manifestation – Crédit : Nadwo
