Contre le fascisme, la jeunesse de Besançon en démonstration de force
Avec la mort de Quentin Deranque, le 14 février à Lyon, l’actualité a été marquée par les récupérations de l’extrême droite, les campagnes et attaques violentes visant la gauche, ou les minutes de silence observées par l’assemblée nationale et le conseil municipal de Besançon. Mais, à mesure que ces offensives se sont généralisées et que les révélations sur l’engagement néonazi de la victime ont émergé, un « sursaut antifasciste » s’est constitué, afin de dénoncer ce « renversement des valeurs ». Dans la cité de Victor Hugo, les militant·e·s et habitant·e·s, dont une bonne part de jeunes, étaient présent·e·s en nombre.
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L’appel était national, émanant de quelque 360 structures avec des événements prévus dans une centaine de villes. Localement, c’est à l’initiative de la « coordination antifasciste », à laquelle ont répondu présentes une trentaine d’organisations, qu’un cortège s’est constitué parking Battant dès 15h00, avant de partir en direction de la place de Révolution, passer par la place du Huit-Septembre, Granvelle et terminer esplanade des Droits Humains. Un parcours ponctué de prises de parole dénonçant tour à tour l’omniprésence de l’extrême droite, les violences d’État et le délitement de la solidarité au fur et à mesure de l’avancée des idées fascistes.
Malgré une météo capricieuse en matinée, 1 400 personnes, selon les autorités, ont constitué le défilé, qui s’est élancé derrière une banderole « Besac antifa tant qu’il le faudra », accompagnée de nombreux symboles syndicaux, associatifs et revendicatifs, allant des habituels étendards antifas et pro-Palestine à ceux du « MRAP » ou de la « CNT-SO ». Seul le drapeau d’un parti, déployé malgré l’impartialité imposée à la veille du scrutin sera replié, sur demande de la police. Ce sera d’ailleurs l’unique intervention des forces de l’ordre, venues en comité restreint, mais aidées par la présence de la « Brigade Anti-Criminalité » en civil, dans une discrétion toute relative.
Bien que divers dans sa composition, c’est surtout la jeunesse qui s’est imposée dans le cortège, au lendemain d’un blocus lycéen, imprimant d’entrée de jeu un rythme de marche à la hauteur de la détermination ambiante. Les slogans s’enchaînent, du traditionnel « ACAB » jusqu’au « à bas l’État, les flics et les fachos », en passant par le désormais incontournable « siamo tutti antifascisti » exécuté par la foule entière sur le parvis de l’église Saint-Pierre. Une parole qui ne restera pas vaine puisque, repérée rôdant autour du rassemblement, l’unique référente locale du collectif identitaire « Nemesis », habituée des coups d’éclats, n’osera pas s’approcher davantage.
Si le rendez-vous était officiellement dégagé de toute ambition électorale, la lutte était cependant nettement dirigée contre les candidatures les plus à droite, représentant des politiques jugées racistes, classistes et autoritaires, que les protestataires n’ont pas manqué d’égratigner « Moi je suis une personne racisée, ma présence aujourd’hui est donc toute naturelle », analyse un·e militant·e fraîchement installée dans la capitale comtoise. Une position partagée par l’ensemble des participant·e·s, dont beaucoup issu·e·s de minorités raciales, sexuelles ou de genre, qui n’ont pas l’intention de laisser les franges réactionnaires amputer leurs droits.
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Une participation locale particulièrement importante
Au total, le Ministère de l’Intérieur a comptabilisé 49 000 manifestant·e·s en France, réparti·e·s sur environ 85 communes, dont 22 000 cumulé·e·s à Paris et Lyon. D’après les estimations livrées par les pouvoirs publics notamment repris par « l’Est Républicain », le cortège a réuni quelque 1 400 participant·e·s à Besançon. Un chiffre nettement en hausse par rapport à 2025, qui dépasse également ceux de la marche dédiée au « droit des femmes et minorités de genre » ce 7 mars. Mais qui, surtout, surplombe, parfois de loin, bien d’autres villes, comme Bordeaux (1 300), Nancy (500), Caen (400), Metz (200) ou encore le Mans (200).
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Illustration d’en-tête : Aperçu du cortège, rue Battant.
