Parler du football et du FCSM en franc-comtois

Le FC Sochaux-Montbéliard est, depuis sa création en 1928 par Peugeot, une véritable vitrine de la culture franc-comtoise. Alors, en supplément des couleurs jaune et bleu, du lion et de la devise, et si la langue franc-comtoise devenait elle aussi un marqueur de l’identité du club ? Voilà donc un petit passage en revue du vocabulaire du football et du FCSM !

En franc-comtois, le mot football est féminin, c’est « lai pilôme â pie », littéralement « la balle au pied », et comme presque tous les sports de balle, « lai pilôme â pie » se joue sur « lou tierain » (le terrain), et si celui-ci est trop abimé, c’est « lou tchaimpois » (le pâturage).

« Lai rotte » ou « l’étçhipe » (l’équipe) est composée de onze « djvous » (joueurs) occupant plusieurs postes : « aittaquaints» (attaquants), « moitans » (milieux), « défeinchous » (défenseurs) et « diaîdge » (gardien de but). Tous sous l’autorité de « l’entrïnnou » (l’entraîneur).

« Lou djûe » ou « lai paitchi » dure « nonnante menutes » (quatre-vingt-dix minutes) plus « l’aiddichionnâ temps » (le temps additionnel). Durant le match, entrecoupé d’une « mé-temps » (mi-temps), « l’airbitre » (l’arbitre) peut siffler « lou côp d’câre » (le corner), « lou côp frainc » (le coup franc), « lou poénalti » (le penalty) et « lou defêu » (le hors jeu) ! S’il y a « fâte » (faute), il peut sanctionner un joueur avec « lou djâne câtchon » (carton jaune) et « lou roudge câtchon » (carton rouge), renvoyant le joueur aux « voichtieres » (vestaires).

Le match peut ainsi être « diaingnie » (gagné), c’est « lai tronche » (le triomphe, la victoire) ; il peut être « predju » (perdu), c’est « lai raiçhèe » (la défaite) ; il peut être « raipé » (nul), c’est « l’égâyitè » (l’égalité).

Dans « l’échtade Bonal » (le stade Bonal), construit le long des « ujines » et de « lai foûerdges » (la forge) les « suppoétchous et suppoétchouses » (supporteurs et supportrices) prennent place dans les « treubunes » ou « tchaifâs ». Dans l’une d’elles, les ultras de la TNS agitent des « draipés » (drapeaux) et allument des « f’megorïns » (fumigènes) pour la gloire des « Djâne èt Bieu ». Alors, tous et toutes derrière « Les Yionchés » (les Lionceaux) qui ont encore quatre matchs pour valider leur remontée en Ligue 2 !

Po ènne peupyâ pilôme â pie ! Allèz Soûetchâ !
Pour un football populaire ! Allez Sochaux !

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Illustration d’en-tête : L’écharpe « Soûetchâ », création individuelle tirée à cinquante exemplaires seulement.