Enfants à la rue : SolMiRé rappelle la réalité bisontine en marge du second conseil municipal
Une vingtaine de militant·e·s étaient présent·e·s devant l’hôtel de ville pour interpeler élu·e·s et passant·e·s, alors que se préparait le deuxième conseil municipal depuis les élections de mars dernier. Un tractage et une prise de parole au mégaphone pour dénoncer les politiques publiques excluantes, menées dans la ville et le département.
Ludovic Fagaut pointé du doigt
Si Ludovic Fagaut n’est devenu maire de la ville de Besançon que depuis le 27 mars 2026, il y a bien longtemps que ce dernier concoure à la mise en place de politiques d’exclusion des mineur·e·s étrangers et étrangères menées par le département. Par son statut de vice-président du département, qu’il cumule avec celui de président de l’agglomération Grand Besançon Métropole et de premier édile, ce dernier a soutenu les évaluations de minorité, permettant l’accès, ou non, des jeunes migrant·e·s à la protection de l’enfance.
« Ces évaluations ont été très critiquées au niveau national et, à Besançon, nous avons vu des conditions d’auditions intolérables alors que ce sont elles qui décident si les jeunes vont pouvoir être pris·e·s en charge ou remis·e·s à la rue » explique une militante de l’association SolMiRé. Elle ajoute « qu’en 2024, le Doubs a mis à la rue environ 248 jeunes » et, pour elle, les craintes s’intensifient, avec l’arrivée à la mairie de l’élu les Républicains, qui héritera d’un levier d’action supplémentaire via le CCAS.

Un label « ville amie des enfants » qu’il faut assumer
Dans cette opération de tractage, les militant·e·s interpellent aussi sur le label « ville amie des enfants », accordé depuis plusieurs années à la ville de Besançon et qui suppose un respect de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). Un respect remis en cause par l’association, qui constate la non prise en charge des enfants pendant le processus de détermination d’âge, pourtant demandée par le comité des droits de l’enfant.
Des décisions qui sont « le témoignage d’un racisme d’État » déclare un militant, insistant sur la différence de traitement des enfants dès lors qu’ils sont migrant·e·s. L’association déplore aussi l’absence de réponse de la nouvelle équipe de la majorité municipale à leurs sollicitations et annonce continuer à se battre autant qu’il le faudra pour le respect des droits des enfants, leur accueil et leur hébergement dans la dignité qui leur est due.

.
Illustration d’en-tête : Militant·e·s de l’association SolMiRé avec des banderoles « Mmes, Mrs les élu·es des enfants sont à la rue » et « Contre le racisme d’état ».
