Une bisontine suspendue du réseau « Bluesky » pour ses positions antifas et pro-palestiniennes ?
Présenté comme une alternative au « Twitter/X » d’Elon Musk, le réseau social « Bluesky » serait-il en train de prendre les mêmes travers que son célèbre concurrent ? Le cas particulier d’une internaute interroge, son profil ayant été brutalement suspendu dans la journée de vendredi. Originaire de Besançon, celle-ci y partageait régulièrement des contenus dédiés à la montée des conservatismes et à la situation sur Gaza. Si, depuis, elle a retrouvé l’usage de ses comptes, elle s’interroge sur une possible sanction des voix antifascistes et pro-palestiniennes.
Alors que « Facebook » et « Instagram » sont devenus des modèles du genre, peu imaginaient que la plateforme alternative « Bluesky » puisse à son tour s’inscrire dans une telle catégorie. Entre le génocide perpétré à Gaza et l’avènement de régimes réactionnaires, une jeune militante comtoise diffuse des éléments engagés à ses 15 000 abonné·e·s. Une activité qui n’avait jamais posé problème, jusqu’à vendredi matin, où son compte se voit « banni » par la « modération », pour de prétendues « violations aux règles » comme des « propos menaçants ou violents ».
Une décision qui a provoqué un tollé et une vague de réactions dans ce petit monde, la rétorsion étant finalement invalidée en fin d’après-midi. « Il y a quelques semaines, un contact, chercheur états-unien, spécialiste des approches anti-autoritaires, était frappé des mêmes mesures. Dans ce qui reste une boîte libérale, les thématiques dites progressistes se voient désormais ciblées. Difficile de dire quelle publication était exactement visée, discutant, beaucoup, de tout ce qui tourne autour du racisme, du féminisme, du validisme, bref, des discriminations au sens large ».
Le couperait aurait donc pu tomber la veille, par un échange avec William Acker. « C’était un commentaire de sa part, que j’ai trouvé très pertinent. Il répondait à un tiers qui assénait que l’anti-tsiganisme n’était pas un racisme, arguant que les tsiganes ne constituaient pas une race et devaient donc être exclus de cette définition. J’ai repris ce qu’il en disait, en ajoutant que nous avions les mêmes faux débats avec l’islamophobie. Qu’un certain nombre d’activistes, sous prétexte de sémantique ou de notions légales, tentaient de dédouaner leur pensée de tout racisme ».
Toutefois, un focus particulier existerait sur la question palestinienne. « Puisque, dernièrement, j’étais très portée sur Gaza, ce contexte m’amène à penser que ça puisse être la vraie raison de cette censure. Pour en arriver à cette situation, il faut des signalements massifs et organisés. Or, dans ce registre, il existe des listes publiques dressées par des pro-Israéliens, qui agissent de concert pour faire sauter des comptes lorsqu’un prétexte se présente. Ceux de citoyen·ne·s palestinien·ne·s, supprimés quelques heures après leur création, se comptent ainsi par dizaines, juste sur Bluesky ».
.
Illustration d’en-tête : Aperçu de l’application « Bluesky », en version mobile.
