Le « NPA-A » de Besançon fait le point sur les luttes féministes et leurs perspectives

Le comité bisontin du « Nouveau Parti Anticapitaliste – l’Anticapitaliste » (NPA-A) organisait ce mercredi 10 juin une réunion publique visant à dresser un état des lieux des actions féministes en cours à Besançon, un bilan des mobilisations de ces dix dernières années, la situation actuelle du mouvement et ses perspectives stratégiques d’avenir. Devant une salle Battant remplie, notamment par un public jeune et sexisé, avec la présence d’espaces librairie et militants, cette soirée actait le retour de l’organisation trotskyste, longtemps inerte dans la région.
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Parmi les sujets abordés, l’actualité des mobilisations féministes en cours à Besançon, marquée par la création en 2024 d’une intersyndicale féministe réunissant des militantes issues de plusieurs organisations syndicales. Née de la volonté de mieux intégrer les revendications féministes dans les luttes syndicales locales, elle mène des actions de sensibilisation et de mobilisation autour de l’égalité salariale, de la revalorisation des métiers majoritairement féminins et de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Elle revendique également une position antifasciste, qu’elle a réaffirmée en rappelant l’instrumentalisation des revendications féministes au service d’une politique xénophobe et raciste, et en réclamant aux élu·e·s de la ville de prendre une position claire en demandant la dissolution du collectif « Némésis » dans un communiqué faisant suite aux événements survenus lors du Carnaval de Besançon.

Invitée de la réunion, Aurore Koechlin, maîtresse de conférences en sociologie, autrice de La Révolution féministe et membre de la direction du « NPA-A », est revenue sur les évolutions de la « quatrième vague féministe » apparue au milieu des années 2010. Elle a notamment souligné l’importance prise par la lutte contre les VSS dans les mobilisations de la dernière décennie, notamment les mouvements « Ni Una Menos » (« Pas une de moins ») en Argentine et #MeToo à l’échelle mondiale.

Face à la progression des mouvements d’extrême droite observée en France et à l’étranger, l’idée du recul de la quatrième vague féministe a, lors de la conférence, été remise en question. C’est la théorie d’une polarisation qui lui a été préférée. Cette dernière veut que, malgré la montée de l’extrême droite, le féminisme reste toujours bien présent et continue à gagner en importance. Après avoir défendu la théorie d’un féminisme matérialiste et révolutionnaire, elle a rappelé l’importance de mettre en avant un programme féministe pour la reproduction sociale, de continuer le combat contre l’extrême droite et la lutte contre les VSS.

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Illustration d’en-tête : la tribune du « NPA » avec (de g. à d.) Elsa, Lucie et Aurore Koechlin