Ludovic Fagaut est-il suffisamment payé ?
Édito. Depuis son intronisation le 28 mars dernier, Ludovic Fagaut exhibe fièrement ses différentes « prises » : premier édile, dirigeant de l’agglomération, mais aussi toujours vice-président du département… Combien d’autres mandats, porte-feuilles, titres ? On ne le sait pas vraiment à ce jour, même si le record de vingt-trois missions tenu par Jean-Louis Fousseret pourrait être surpassé haut la main en comptant également les conseils de surveillance et autres syndicats mixtes qui lui reviennent de facto. Or, si la capitale comtoise lui prenait déjà facilement « une centaine d’heures hebdomadaires », soit au bas mot 14h30 chaque jour, le représentant de la droite n’a donc pas hésité à rempiler pour le Doubs, se maintenant sur près de cinquante délégations supplémentaires.
Si son adjoint Frank Monneur ne cache pas une réelle aversion du monde soviétique, le camarade Alekseï Stakhanov a pourtant un héritier comtois. Alors que beaucoup raillaient sa présence jugée relative comme principal du collège de Pouilley-les-Vignes, les dons d’ubiquité et d’omnipotence semblent définitivement une constante chez Ludovic Fagaut. Malheureusement, ce sacrifice n’apparait pas considéré à sa juste valeur ; outre une opposition qui tance augmentation de sa solde et cumul des pouvoirs tout juste arrivé aux affaires, la loi prévoit surtout un plafond maximum de 8 897,93€ mensuels avant impôts. Ce qui revient à environ 22€ de l’heure en ne comptant que la ville et la métropole, soit déjà moins que la moyenne d’un infirmier expérimenté en soins généraux.
On aurait pu espérer que notre maire ne se lance aux prochaines sénatoriales pour achever son curriculum vitae et arrondir ses fins de mois, si la législation, encore elle, ne l’interdisait pas. Membre d’un groupuscule ultralibéral qui tape volontiers dans le plagiat de Javier Milei, voilà cependant quelques espoirs d’élargir cet éventail et en même temps notre fierté locale en cas de victoire présidentielle. Quant à la population dont Ludovic Fagaut a la charge, on se permettra d’en dire deux mots, bien qu’elle ne soit pas aussi brillante et volontariste que son modèle : jusqu’à 20% des habitant·e·s oscillent entre chômage et diverses catégories inactives, 23 000 s’avèrent sous le seuil de pauvreté juste à Besançon, quand des fleurons risquent de mettre la clé sous la porte.
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Illustration d’en-tête : le conseiller municipal de Besançon Ludovic Fagaut, le 11 avril 2025 – Manon mnir/cc-by-sa-4.0.
