À Besançon, l’environnement comme ligne verte
Édito.
Souvent classée dans les premières « villes vertes de France » avec une moyenne de 184m² de verdure par habitant·e, la capitale comtoise peut s’enorgueillir d’un cadre de vie particulièrement remarquable. Ce week-end, deux rassemblements sont venus rappeler à quel point la population était attachée à la préservation de ce patrimoine. Mais, plus que de belles étendues forestières, l’environnement c’est, aussi, par exemple, une politique locale cohérente sur les transports doux et l’usage de pesticides. Un impératif qui s’exprime lors de marches dédiées, comme le 26 septembre, mais également désormais lors de divers autres mouvements sociaux, ainsi que remarqué durant les « soulèvements lycéens » ces derniers jours. Une prise de conscience qui progresse, débordant les cadres traditionnels de l’écologie électorale.
« Ça peut paraitre bizarre, mais moi, je suis heureux qu’il pleuve aujourd’hui, après des mois complètement à sec » lance un membre de « l’Association Vélo Besançon » au kiosque Micaud. C’est là, hier, à 14h00, qu’un premier rendez-vous était donné, pour une « vélorution », à comprendre une manifestation en bicyclette. Plus de deux cents participant·e·s étaient présent·e·s, affirmant leur vigilance quant à la considération des modes doux dans l’agglomération. Point majeur de cette revendication, la question du pont de la République et les quelque 5 000 signatures récoltées par « Alternatiba » afin d’empêcher la réouverture de cet axe aux automobiles. « On a passé un été infernal, il ne faudrait pas l’oublier avec les quelques gouttes qui tombent. Nos modes de vie doivent donc évoluer, c’est la société dans son ensemble qu’il faut donc revoir » note une retraitée.
Même lecture à 18h00 place Louis Pasteur, où une petite centaine de personnes se sont retrouvées entre deux allées de la grande braderie. À l’initiative « d’ATTAC », les protestations visent cette fois un projet de loi européen ouvrant une extension des périodes d’autorisation pour les pesticides. « On sait combien ces matières peuvent être nocives pour la nature et la santé, alors porter leur autorisation jusqu’ à vingt-cinq ans maximum c’est un crime ! On a déjà un principe de précaution au ras des pâquerettes, mais là même si on découvre qu’une molécule est dangereuse on dira qu’on reverra ça dans un quart de siècle. Alors que les municipalités précédentes avaient banni l’emploi de produits dits phytosanitaires, on craint aussi que Laurent Croizier ne revienne sur cet acquis comme il l’a fait avec la loi Duplomb » confiait une organisatrice totalement « effarée par ce retour en arrière ».
Deux fronts spécifiques, qui rejoignent une vague bien plus vaste. Ainsi que nous l’exposions lors de nos comptes-rendus de blocus et autres défilés, le sujet climatique est une préoccupation palpable des lycéen·ne·s, étudiant·e·s et jeunes. Dès le 29 septembre, il était ainsi demandé « l’application des mesures de la convention citoyenne sur le climat, la rénovation thermique des bâtiments publics et l’instauration d’un repas végétarien équivalent à celui avec viande en protéines ». Une convergence perceptible sur les pancartes, comme la percutante « bouffe mon clito pas mon climat » notée au cortège du 8 octobre. Partout, les thématiques environnementales montent. Même au sein de votre média « le Ch’ni », dont les fondateurs/fondatrices ne sont pas des expert·e·s de ce domaine, mais qui, estimant son importance cruciale, en ont fait une catégorie dédiée.
.Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Aperçu de la vélorution du 10 octobre, au niveau de l’avenue de l’Helvétie. Malgré un temps exécrable, cyclistes, piéton·ne·s et autres fauteuils électriques ont pris part un trajet dans les rues du centre-ville afin de réclamer davantage de projets relatifs aux transports doux – Crédit : Toufik-de-Planoise.
