Franck Bernard, futur vice-président lepéniste du Grand Besançon ?
Illustration de la bascule conservatrice qui s’opère, c’est à un militant du « Rassemblement National » que la quinzième vice-présidence du « Grand Besançon Métropole » pourrait désormais être confiée. Ainsi que nous le relations le 27 mars dernier, Franck Bernard s’est en effet largement imposé dans la localité de Chevroz ; officiellement sans-étiquette, l’intéressé n’en est pas moins un fervent lepéniste. Cas inédit pour la capitale comtoise, son éventuelle promotion à un échelon plus haut vient d’être avalisée par six édiles, non sans entraîner de nombreuses craintes et critiques, à quelques jours d’une réunion générale qui doit trancher de ce choix. Alors que cet ex-policier médaillé assume « ses valeurs » mais relativise la portée de ce rattachement, « le Ch’ni » interroge ses ancrages concrets.
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Une simple « étiquette »
C’est en 2014 que Franck Bernard apparaît dans l’arcane politique locale, se faisant adopter au sein de la majorité municipale de Chevroz, alors tenue par le « divers droite » Yves Billecard. Encarté « au Front » en 2010, l’intéressé n’a jamais renié ses engagements à l’extrême droite : d’une désignation comme « délégué » sur la troisième circonscription du Doubs, à sa candidature aux cantonales à Bavans en 2015, en passant par les tractages sur les marchés de Montbéliard en 2017. Jusqu’à prendre la tête de sa commune à travers une liste unique, plébiscitée à 63,39% des voix en 2020 et 64,06% en 2026. Mais de ce ralliement qui fait polémique, l’élu oppose investissement et compétences en jurant que « les gens se fichent de l’étiquette politique dans les petits villages ». Reste qu’entre la banale adhésion et l’entretien de proximités sulfureuses, il n’y a parfois qu’un pas.
Il fut par exemple colistier d’Éric Fusis pour les législatives de 2024, un ancien responsable du « DPS » peu avare d’injures visant presse et opposant·e·s ; ou semble proche du conseiller régional Thomas Lutz, un adepte de la « Fraternité Saint-Pierre », dont la suppléante est parente avec un néonazi et qui s’est fait connaître avec l’emploi du vocable « untermensch », étant en sa compagnie lors de vœux ou cérémonies des 11 novembre et 8 mai. Autre surprise dans cet environnement, l’appui de la Mairie à la troupe de reconstitution historique « les Loups de Fenrir » ; installée en 2013, l’association se voit particulièrement soutenue et sublimée par l’administration depuis six ans. Reprise douteuse de la svastika, dérapages racistes de son président, liens avec « Némésis », ont pourtant été documentés par « l’observatoire de l’extrême droite en Franche-Comté ».
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Un cas analogue en Haute-Saône
Contacté mercredi soir afin de connaître quel était son sentiment sur ce panorama singulier, Franck Bernard n’a jamais donné suite à nos demandes. Alors que beaucoup ignorent encore son parcours précis autour de l’appareil lepéniste, l’élévation d’un tel porte-voix au poste symbolique de « vice-président » du « Grand Besançon Métropole » a suscité une levée de boucliers. Même si, déjà conseiller communautaire en 2020-2026, siégeant au « Sybert », il pourrait seulement se voir confier le volet « déchets ». Mais déjà de trop, pour « la France Insoumise », qui dénonce les idées de « haine » et de « division » du « Rassemblement National », ou le « Parti Communiste Français », regrettant « la disparition d’un consensus républicain ancien : celui qui garantissait qu’aucun représentant de l’extrême droite ne puisse siéger à la direction de notre agglomération ».
Interpellé quant à cette potentielle « gouvernance avec le RN », Ludovic Fagaut – qui dirige la métropole – rappelle que la charte dédiée laisse toute latitude aux secteurs pour désigner leurs représentant·e·s. Mais si les neuf maires de la zone dite « de la Dame-Blanche » ont donc pré-sélectionné leur poulain à sept votes contre deux, celui-ci doit encore être adoubé ce lundi 20 avril par une décision des 122 membres de l’assemblée. Une nomination déjà acquise par Antoni Magnin à Chargey-lès-Ports (Haute-Saône), désormais en charge d’une intercommunalité de quelque 13 000 âmes. Ayant lui aussi concouru sans affiliation malgré une adhésion ancienne au « RN », il s’avère être le bras droit du député Antoine Villedieu et camarade d’un activiste aux relents néofascistes, ainsi que nous l’avions exposé dans un article du 29 mars dernier.
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Illustration d’en-tête : Franck Bernard (à gauche) et Thomas Lutz (à droite), lors des cérémonies commémoratives du 8 Mai 1945 dans la commune de Chevroz – capture d’écran page « Facebook » de la Mairie de Chevroz.
