À Besançon, une manifestation spontanée chasse Alice Cordier d’un bar
Pour les membres du « collectif Némésis », trouver un café ou un estaminet accueillant est devenu un chemin de croix. Contraintes de venir dans la capitale comtoise à cause d’un énième calendrier judiciaire, les militantes d’extrême droite pourront désormais ajouter un nouveau lieu où elles sont « persona non grata ». Car après avoir été exclues des « Arcades » en février dernier, leur passage au « bar de l’Université » s’est aujourd’hui transformé en démonstration de force antifasciste. Client·e·s, riverain·e·s, badaud·e·s, les ayant évincées.
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Si Yona Faedda, dont le procès avait lieu hier mercredi, est régulièrement refoulée d’un nombre croissant d’établissements locaux, ce n’était pas encore le cas d’Alice Kerviel – dite Cordier, ou a fortiori d’Astrid, autre porte-parole de l’organisation. C’est autour de 22h00 que les client·e·s du « bar de l’U » ont vu débarquer ce groupe, ne suscitant d’abord qu’indifférence. Un flottement qui a permis aux deux fémonationalistes et leurs accompagnants de commander à boire sans, non plus, être davantage identifié·e·s par les barmans/barmaids présent·e·s ce soir-là.
Mais une fois démasqué·e·s, plusieurs voix sur la terrasse se sont élevées. « Besac, Besac, Antifa », « siamo tutti antifascisti », « Némésis casse-toi » retentissent alors progressivement jusqu’à l’intérieur du bar où s’était retranché le contingent. Si les bravades restaient d’usage pour épater les abonné·e·s, entre deux story les influenceuses sont vite apparues tétanisées. Après quelques minutes, elles finiront par prendre le chemin de la sortie sous les huées de la foule qui s’était amassée aux cris de « tout le monde déteste les fachos » et « la jeunesse emmerde le Front National ».
Pourquoi cependant débarquer ici, sachant qu’elles seraient reconnues ? Bien qu’absente, leur représentante locale ne les avait pas averties ? Y aurait-il eu, encore, une volonté de générer du conflit, pour faire le buzz ? La question demeure, mais il est de bon ton de rappeler, comme pour « les Arcades », que les risques de troubles au sein d’un commerce, atteintes à la sécurité du personnel, de la clientèle ou des tiers, comportements problématiques, agressifs ou de « mauvaise foi », peuvent être considérés comme des « motifs légitimes » précipitant un refus de vente.
Alors que l’atteinte à l’ordre public était engagée et que les réactions prenaient de l’ampleur, les salarié·e·s achèveront le supplice en demandant aux intéressé·e·s de partir. Mais la mobilisation s’est poursuivie dans le vieux-centre, réunissant des dizaines de personnes de la rue Mégevand à la place Granvelle pour une haie du déshonneur qui semblait interminable. Loin du fameux « Madigan’s » où elles s’étaient retrouvées, des réseaux sociaux ou des plateaux de Vincent Bolloré, plus que jamais, les idées racistes et leurs colportrices n’apparaissent pas les bienvenues.
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Illustration d’en-tête : La foule de clients amassée devant le bar suivant le départ des membres du « collectif Némésis »
