Les opposant·e·s aux « grands projets inutiles » attendent Ludovic Fagaut au tournant
Franchissement d’une septième « limite » planétaire, pénuries d’eau dans les prochaines décennies, raréfaction des terres agricoles… C’est en rappelant ces réalités globales et impérieuses que diverses forces se sont retrouvées aujourd’hui pour une conférence de presse, reliant la toile de fond aux enjeux locaux. Ielles sont issues du « Jardin des Vaîtes », des « Soulèvements de la Terre » (SdlT), de « France Nature Environnement » (FNE), de « Extinction Rebellion » (XR), des « Ami·e·s de la Confédération Paysanne », ainsi que de multiples collectifs constitués autour « d’urbanisations » prévues dans la Métropole, toutes et tous alertant sur les conséquences de « l’artificialisation » galopante du territoire pour la biodiversité, la qualité de vie ou l’état des finances.
En ligne de mire, ce sont cinq futures « Zones d’Activité Économique » (ZAE) prévues dans la région qui restent visées : 37 hectares à Marchaux, 24 à Besançon-les Vaîtes, 20 à Saint-Vit/Champs-Chevaux, 20 à Marney/Ruffey, 12 à Saône… Une aberration pour les opposant·e·s, qui soulignent que « selon le schéma de cohérence territoriale (ScoT) de 2023, ce sont des centaines d’hectares qui s’avèrent non-exploités sur les ZAE existantes ». « Ludovic Fagaut a indiqué qu’il comptait remettre la bétonisation des Vaîtes à plat, après les luttes menées et les victoires judiciaires, on espère surtout des garanties qui excluent des plans II, III ou on ne sait quoi encore. On a demandé à le rencontrer, afin de mettre les choses carte sur table » livre notamment Patricia pour « les Jardins des Vaîtes ».
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« Pour Marchaux, c’est au moins 30 millions d’euros d’investissement. Avec la promesse de 700 à 1 200 emplois créés, maintiennent les élu·e·s qui y sont favorables. Mais quand on leur demande des détails sur ces chiffres, il n’y a aucun élément concret, comme le nom d’une seule entreprise qui s’installerait. À Saône, il est également question de 263 logements pour une commune de 3 500 âmes. À quatre personnes par foyer en moyenne, ça signifierait donc un tiers d’habitant·e·s en plus ! Sur tous les plans c’est la même chose, on pourrait multiplier les exemples. Car les décisionnaires se basent sur des chiffres prévisionnels hors-sols, une étude prévoyant ainsi une progression de 16 000 administré·e·s dans l’agglomération ces prochaines années » expliquent Fainette et Beaver qui vivent dans ces secteurs.
Une gabegie dénoncée avec pragmatisme, sans se répartir de réflexions plus profondes comme l’augmentation du fret routier, inévitable avec la sur-représentation du secondaire et l’absence de transports en commun, la dévastation d’exploitations agricoles, comme un établissement lié à la filière comté, ou l’avenir d’une aire d’accueil de gens du voyage, dont l’aménagement sert de prétexte pour s’en débarrasser. « On demande un examen sérieux de cet ensemble, considérant que, si développement il doit y avoir, ce qui existe déjà devrait largement y répondre. Avant de mettre du béton ici et là, quid du fiasco des Auxons ? Toute construction doit désormais répondre à un besoin absolu, avec, quoi qu’il en soit, une réelle compensation des équilibres » achève Patrick Bourque pour « FNE ».
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Illustration d’en-tête : Les contestataires réuni·e·s ce jour aux Vaîtes, pour une conférence de presse.
