Revendiquant son héritage franquiste, « Louis XX » de passage à Besançon… En compagnie du maire, Ludovic Fagaut

Simple entrevue protocolaire, ou affichage embarrassant ? Il y a quelques jours, un certain « Louis de Bourbon » est passé par la capitale comtoise pour une parade militaire. Un évènement auquel assistait également Ludovic Fagaut, maire « les Républicains » de la ville, qui a affiché une certaine proximité avec son hôte. Mais, contrairement à l’habitude, impossible de trouver la moindre trace de cette rencontre sur les réseaux sociaux de l’édile ou de la mairie. Il faut dire que ce prétendant au trône de France est pour le moins sulfureux, s’agissant du petit-fils du despote espagnol Franco, dont il revendique la mémoire et l’héritage.
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Ainsi qu’en atteste une vidéo publiée le 2 juillet sur « Instagram » et « Facebook », le duc d’Anjou était bien en Franche-Comté. « Je me suis rendu à Besançon le 23 juin 2026, pour assister à la passation de commandement du chef de corps du 19e Régiment du Génie. J’y représentais la Princesse Marie-Marguerite, marraine du régiment, retenue par d’autres obligations » est-il même légendé. En effet, son épouse est, depuis 2017, honorée de cette prérogative. Mais reste un statut purement honorifique qui, logiquement, ne confère aucun droit particulier à l’un·e ou l’autre. Sur quelles bases l’intéressé a-t-il pu rejoindre la cohorte de gradé·e·s, d’officiel·le·s et d’élu·e·s ? Mystère..

Mais il a pu y retrouver Ludovic Fagaut, les deux compères s’affichant ostensiblement ensemble, dans ce moment de partage et de convivialité, comme les restituent les prises diffusées. Toutefois, étrangement, aucune communication ne sera relevée, l’agenda du maire se contentant d’indiquer sobrement « plusieurs rendez-vous importants pour l’avancement des projets de notre ville de Besançon » dans son agenda de la semaine concernée. Alors qu’il se voit déjà critiqué pour ses proximités douteuses, le militant conservateur voulait-il éviter une polémique ? Sollicité dans la nuit de jeudi à vendredi sur cette connivence, son secrétariat ne nous fera aucun retour.


Aperçu de la vidéo, publiée sur « Instagram » et « Facebook ».

 

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Comme le précise « l’Observatoire de l’Extrême Droite en Franche-Comté » dans sa fiche du 11 mai dernier, le pédigrée du personnage a de quoi étonner : « Parent du dictateur Francisco Franco dont il défend le souvenir et l’héritage, opposé au mariage pour tous, à l’avortement, et à la laïcité, il dit vouloir établir une monarchie constitutionnelle ». Une délégation qui interroge lourdement, dans ces circonstances, du devoir de neutralité politique dans l’armée à la présence bienveillante de représentant·e·s civil·e·s… Les mêmes qui s’avèrent d’autant plus prompts à s’ériger en gardien·ne·s des valeurs républicaines, surtout face à leurs adversaires de gauche.

Interrogation annexe, la nature des échanges entre les deux hommes. Le 28 mai 2026, « l’insoumise » Hélène Magnin-Feysot avait interpellé Ludovic Fagaut sur les nombreuses dégradations commises par le « Cercle d’Action Légitimiste ». Mené par un étudiant bien solitaire, le groupuscule, entièrement dédié à l’avènement de « Louis XX », oscille entre « marches pour la vie », soutien à « Némésis » et graffitis à la « fleur de lys ». « Il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints » proclame le dicton ; pour ce chantre de la lutte contre les incivilités, il aurait été dommage d’avoir raté l’occasion d’évoquer combien les ouailles de cette dynastie pourrissent aussi la vie des habitant·e·s.
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Depuis la formation du « Cercle d’Action Légitimiste » fin 2025, les autocollants, graffitis et autres dégradations royalistes se multiplient. Exemple le 11 mai dernier dans un tunnel piéton sous-terrain de l’avenue Charles Siffert, où était inscrit « Louis XX » avec des « fleurs de lys » – avant qu’un anonyme n’ajoute, en rouge : « on le décapitera ».

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Illustration d’en-tête : Aperçu de « Louis XX », en 2015 – capture d’écran « Facebook ».