Julien Odoul condamné, quelles conséquences sur son mandat de conseiller régional ?

La Cour d’appel de Paris a confirmé ce mardi 7 juillet 2026 la plupart des condamnations prononcées en première instance, avec des peines parfois réduites, dans l’affaire des assistants parlementaires du « FN ». Sur un plan local, la région Bourgogne-Franche-Comté est aussi impactée par ce dossier à travers le cas du conseiller régional et député du Rassemblement National (RN), Julien Odoul. 
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Marine Le Pen, ancienne présidente du « Rassemblement National » (« RN », ex-« Front National »), a été condamnée ce mardi 7 juillet. Dans une perspective plus locale, le conseiller régional de de Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, du même parti, risquait lui aussi très gros lors du procès en appel. Le député de l’Yonne et porte-parole du parti d’extrême droite était aussi poursuivi pour « recel de détournement de fonds publics » dans l’affaire des assistants parlementaires du Front National au Parlement européen. Il lui a ainsi été reproché d’exercer un emploi présumé fictif de collaborateur auprès de l’ancienne eurodéputée affiliée « FN » Mylène Troszczynski, entre 2014 et 2015. D’après la justice et comme le rapporte « France 3 Franche-Comté », Julien Odoul était rémunéré sur des fonds du Parlement européen, mais en parallèle, il travaillait en réalité pour le cabinet de Marine Le Pen au « Front National ». 

Après le verdict de première instance qui condamnait déjà la quasi-totalité des prévenu·e·s, une large part des cadres comtois·e·s avaient rallié une mobilisation visant à dénoncer « la dictature des juges ». Ce mardi 7 juillet, la Cour d’appel de Paris a néanmoins confirmé l’essentiel des culpabilités ; dont celle de Julien Odoul, qui écope de huit mois de prison et d’un an d’inéligibilité, le tout avec sursis. Le porte-parole et député lepéniste avait déjà pu tenir son siège à l’Assemblée nationale et au Conseil régional, le tribunal n’ayant pas assorti la peine d’inéligibilité d’une exécution provisoire en première instance. En assortissant la peine d’un an d’inéligibilité d’un sursis, la Cour d’appel laisse définitivement la possibilité à Julien Odoul de conserver ses mandats, national et régional. Marine Le Pen a été condamnée pour « détournement de fonds publics » à une peine de trois années de prison, dont une ferme sous bracelet électronique. L’ancienne présidente du « RN » a été aussi condamnée en appel à quarante-cinq mois d’inéligibilité, dont trente avec sursis à effet rétroactif, ce qui lui ouvre la voie de l’élection présidentielle en 2027.
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« Ce sera aux Français·e·s d’en tirer toutes les conséquences »
Localement, les élu·e·s d’opposition interrogé·e·s par « le Ch’ni » ont été unanimes : iels ont salué la décision de justice à l’encontre des membres du « RN » condamnés, dont Marine Le Pen et Julien Odoul. Pour Hasni Alem, conseiller d’opposition à la mairie de Besançon : « le RN est loin de l’idée véhiculée selon laquelle il serait ‘tête haute, mains propres’. C’est un parti qui n’a qu’un seul objectif : profiter de l’argent public, profiter de la politique pour se faire de l’argent. » L’élu communiste raconte aussi se souvenir d’un épisode médiatique en particulier : « Julien Odoul passe son temps à donner des leçons de morale, comme lorsqu’il avait insulté une mère voilée qui avait accompagné son enfant. Si cette condamnation peut lui rabattre un peu son caquet, ça fera du bien au débat politique ».

De son côté, Séverine Véziès, aussi conseillère municipale dans l’opposition à Besançon, rappelle que : « Le ‘Rassemblement National’ exige l’exemplarité et la sévérité à l’encontre des délinquants, sauf quand ça les concerne. La sévérité c’est pour les autres, et force est de constater qu’iels ne se l’appliquent pas à elleux-mêmes ». La responsable « LFI » estime que ces condamnations sont « gravissimes ». « Ce sera aux français d’en tirer toutes les conséquences », conclut-elle. En effet, malgré sa condamnation, Marine Le Pen a annoncé ce soir sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, en dépit du port d’un bracelet électronique, qu’elle espère faire tomber en se pourvoyant en cassation.
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Réactions locales des élu·e·s RN
Dans leur ensemble, les élu·e·s « RN » ont félicité Marine Le Pen pour sa décision de candidater à l’élection présidentielle en 2027. C’est le cas d’Émeric Salmon et de Guillaume Bigot, respectivement députés en Haute-Saône et dans le Territoire-de-Belfort. On peut également évoquer Géraldine Grangier, conseillère régionale du parti d’extrême droite en Bourgogne-Franche-Comté, estimant que la présomption d’innocence était « rétablie » en raison du pourvoi en cassation de la condamnation de ce mardi : « Désormais, Marine Le Pen fait face à son destin : elle est à nouveau candidate pour devenir Présidente de la République, offrant au français (sic) un ticket gagnant, avec Jordan Bardella, premier ministre ! » Sur « Facebook » encore, Antoine Villedieu, parlementaire en Haute-Saône, a estimé hier que Marine le Pen et donc le « Rassemblement National » allaient traverser « Des moments […] où sont mis à l’épreuve la fidélité à ses convictions, le respect de nos institutions et la confiance que les Français placent dans la démocratie ».

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Illustration d’en-tête : Marine le Pen et Julien Odoul, le 5 mai 2026 à la foire de Sens – capture d’écran « Facebook » – Julien Odoul.