Saluts nazis au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, à quand un sursaut ?
Édito. Référence historique et mémorielle majeure, le musée de la Résistance et de la Déportation confirme son succès avec désormais environ 70 000 visites annuelles. Mais cet engouement doit également faire face à sa part d’ombre, certain·e·s hôtes transformant les lieux en support de leurs travers les plus détestables. En un peu moins de huit mois, pas moins de treize personnes se sont ainsi adonnées à des saluts fascistes. Si à chaque fois les gestes font l’objet de poursuites, les sanctions qui en découlent peinent à endiguer un effet de mode nauséabond.
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il a explosé depuis le début de l’année. Avec, jusqu’alors, toujours les mêmes modalités et profils, à savoir un geste réalisé face à un drapeau à croix gammée par des hommes parfois mineurs qui ne présenteraient aucune radicalisation et opéreraient par « humour » ou « défi », sans mesurer la portée d’une telle action. Une décorrélation de tout contexte politique qui laisse néanmoins sceptique, « Médiapart » estimant que le cas de Besançon s’inscrit bien dans une banalisation parallèle à une extrême droitisation des esprits.
À la vidéosurveillance déjà renforcée, présence accrue d’agent·e·s et mise en place d’un écriteau sont d’ores-et-déjà appliquées selon Marie-Pierre Papazian, responsable de la communication, interrogée par « Ici Besançon ». Pour ce dernier élément, le texte rappelle ainsi que les auteurs/autrices de telles infractions sont passibles d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Un risque d’autant plus crédible que des plaintes sont systématiquement déposées le cas échéant, confirment Christine Werthe pour la mairie et Isabelle Rollet côté parquet.
Reste qu’à ce jour, les conséquences concrètes demeurent encore très charitables. Si, concernant un étudiant de dix-huit ans, le volet pédagogique pouvait éventuellement se comprendre à l’été 2025, il est plus difficile d’être conciliant avec ce touriste de cinquante-cinq ans, pris en flagrant délit le 16 août dernier, après des mois de chroniques médiatiques sur des précédents locaux. L’intéressé a reconnu « un acte stupide » qu’il dit « fortement regretter », écopant d’une « contribution citoyenne de trois cents euros » et d’un passage devant le juge au 6 novembre prochain.
Pas cher payé, pour un forfait certes symbolique mais aux implications odieuses. Il en faudra davantage pour calmer les plus plaisantin·e·s, alors que les années 2010 étaient déjà marquées par les « quenelles » exécutées jusque devant les synagogues. Encore faut-il que les pouvoirs publics prennent la mesure de la problématique, qui ne constitue pas une simple dérive individuelle mais l’apologie de crimes contre l’humanité et/ou un appel à la haine. Au-delà d’une saine indignation de la société, ce sont ces réalités légales qu’il faut maintenant reconnaître et appliquer.
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Toufik-de-Planoise
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Illustration d’en-tête : Espace dédié à la collection « l’art en déportation », au cœur du musée de la Résistance et de la Déportation – capture d’écran site du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.
