Le photoreportage du mois : dignité des réfugié·e·s, pas de trêve à « SolMiRé »
Le mercredi 4 mars dernier, les membres de l’association « Solidarité Migrant·e·s/Réfugié·e·s » (SolMiRé) se sont retrouvé·e·s pour une déambulation revendicative devant la Préfecture du Doubs, au siège de la direction enfance-famille du conseil départemental, ainsi que dans les locaux de la Mairie de Besançon. Après des mois de pourparlers avec les institutions, la situation des étrangers/étrangères en particulier « mineur·e·s non-accompagné·e·s » ne s’est pas arrangée. La faute, selon les protestataires, à des responsables politiques et administratifs, qui ne cessent de « se renvoyer la balle ». La dernière halte sera la plus tumultueuse, le site étant occupé avec la lecture d’un texte (reproduit ci-dessous). L’action s’achevant par des échanges auprès de représentants de la municipalité et du cabinet de la maire Anne Vignot qui, s’il n’ont pas encore donné de résultats concrets, permettaient, pour la vingtaine de militant·e·s, de « maintenir la pression sur les pouvoirs publics ». Autorisé à suivre l’intégralité de cette opération, « le Ch’ni » y consacre ainsi son photoreportage du mois.
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Texte lu au sein de la mairie de Besançon :
Accompagnement et hébergement des mineur·e·s non accompagné·e·s en recours, arrêtez de vous renvoyer la balle !
Suite à nos différentes sollicitations des institutions concernant la non prise en charge des mineur·e·s non accompagné·e·s (MNA) en recours, nous recevons toujours la même réponse : « nous ne sommes pas responsables ! ». Nous souhaitons rétablir, par ce communiqué et par nos prochaines actions, la responsabilité de chacun·e. Arrêter de se renvoyer la balle… Surtout quand la balle est un·e mineur·e à la rue. Si le Département est, selon la loi, responsable de la prise en charge des mineur·e·s non accompagné·e·s, pourquoi les autres échelons administratifs sont aussi concernés ? Différent·e·s acteurs/actrices, différentes responsabilités légales. Au delà du Département, la Préfecture est responsable de l’hébergement d’urgence et de l’accueil inconditionnel de toute personne vulnérable. La Mairie est responsable des engagements pris d’une politique communale volontariste pour l’accueil digne de personnes exilées.
Quand un rouage de l’administration met à la rue un·e mineur·e, sans ressources financières, relationnelles, communicationnelles, la décence incombe à chacun de ne pas regarder ailleurs. Chaque administration a le droit et le devoir de demander aux autres qu’elles remplissent leur mission, et de demander une indemnisation en cas de défaillance. C’est ainsi qu’en 2023, suite à une arrivée importante de mineur·e·s non accompagné·e·s sur le territoire sans solution d’hébergement, la Mairie a réquisitionné l’ancienne résidence universitaire de la place de l’Europe pour pallier le vide juridique qu’avaient créé le Département, considérant les jeunes comme majeur·e·s, et la Préfecture, les considérant comme mineur·e·s. Cette réquisition a eu comme conséquence de forcer la Préfecture à prendre en charge ces jeunes et de leur allouer des places d’hébergement au sein de la résidence « Adoma ». Aujourd’hui, ces jeunes ne bénéficient pas d’un accompagnement éducatif durant leurs recours, et la résidence n’accueille plus de nouveaux jeunes.
Si nous saluons ces avancées qui ont été faites pour améliorer l’hébergement des MNA, nous faisons le constat qu’elles n’ont lieu qu’à partir du moment où un rapport de force institutionnel s’installe. Au-delà des responsabilités légales qui incombent à chaque administration, il nous apparaît que la situation de vulnérabilité extrême dans laquelle les mineur·e·s non accompagné·e·s se trouvent appelle à un sursaut politique d’accueil et d’accompagnement volontariste. Ces jeunes pour la plupart sont hébergé·e·s et accompagné·e·s par des citoyens et citoyennes du territoire et des associations comme « la Cimade » et « SolMiRé ». Il est temps que les différentes administrations arrêtent de se renvoyer la balle et prennent leur responsabilités pour les héberger et les accompagner dans de bonnes conditions tout au long de la procédure de détermination de leur âge, comme prévu dans la « Convention Internationale des Droits de l’Enfant ». À travers cette action, et les autres qui suivront, nous n’aurons de cesse de rappeler à chacun de prendre ses responsabilités.
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Le photoreportage :

























