Antoine Villedieu, l’ivresse du pouvoir ?
Ces dernières heures, l’affaire s’étale dans les titres nationaux. Député « Rassemblement National » de la première circonscription de Haute-Saône, Antoine Villedieu apparaît en effet directement impliqué dans un accident sérieux. Un accrochage automobile survenu ce vendredi 24 avril à 08h45, sur la route départementale 13 au rond-point du Leclerc de Noidans-lès-Vesoul. Si les dégâts ne sont que matériels, le comportement du parlementaire a rapidement déconcerté. Signalé en amont pour ses embardées dangereuses et sa vitesse excessive, c’est l’intéressé qui finira en effet par percuter un autre véhicule. À l’arrivée des secours, le militant d’extrême droite ajoutera un refus de se soumettre aux vérifications d’usage quant à l’alcoolémie et aux stupéfiants.
Le cas est jugé grave, suffisamment pour que le parquet soit spontanément intervenu via un communiqué du procureur de la République, Arnaud Grécourt. Car si, heureusement, aucune victime n’est à déplorer, soulignons que la veille, par exemple, à Deluz dans le Doubs, c’est une voiture qui heurtait un car scolaire, provoquant cinq blessé·e·s, l’alcool étant là aussi intervenu. Mais, ici, de surcroît, c’est un représentant de la nation, lui-même ancien policier, porte-parole d’un parti qui prône la « tolérance zéro » en matière de délinquance, qui cumule les périls et infractions. Un dérapage qui pose une nouvelle fois la question de ses éventuelles addictions, le trentenaire ayant déjà fait l’objet d’une intervention en janvier dernier pour un « malaise » sur la voie publique.
Une problématique que d’ex-collègues corroborent, ne cachant pas « leurs doutes sur certains penchants » alors qu’il officiait au commissariat de Vesoul. Reste que si la bataille avec la maladie mérite mieux que les condamnations et les anathèmes, sa volonté de prendre le volant, quitte à mettre autrui en danger, puis de refuser, ensuite, d’assumer les conséquences de ses forfaits, ne passe pas, y compris auprès de son électorat. Son état de santé incompatible avec une garde-à-vue, Antoine Villedieu a été hospitalisé. Il est, depuis, ressorti, admis dans un centre de soins spécialisés, une enquête pénale étant ouverte. Dans une chronique tout à fait analogue en 2024, Jean-Hugues Ratenon, député de la Réunion, avait lui écopé de six mois de prison avec sursis.
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Illustration d’en-tête : Antoine Villedieu, le 6 mars dernier à Noidans-lès-Vesoul – capture d’écran page « Facebook » d’Antoine Villedieu.
