Grève au collège Stendhal de Besançon : « Est-ce qu’on va attendre un nouveau drame pour réagir ?
« Eh bah ça commence tôt cette année ! » lance un vieil homme, passant devant le tumulte qu’il aperçoit au petit matin rue commandant Marceau. Comme lui, une partie de la population s’est étonnée qu’un mouvement de gronde puisse déjà secouer l’éducation nationale à peine la rentrée engagée. Mais c’est qu’aux habituelles problématiques d’effectifs, de salaires ou de formation, le cas du collège Stendhal de Besançon pose surtout d’importantes questions de sécurité. Lesquelles ne datent pas d’hier, les dernières années amenant une liste d’incidents rédhibitoires. Alors qu’enseignant·e·s et membres du personnel ont multiplié les alertes et entrevues à ce sujet, aucune solution ne s’est profilée pendant l’été. Provoquant une colère quasi-unanime, les protagonistes refusant de commencer une nouvelle année dans ces conditions.
.
C’est de manière presque unanime que la trentaine de salarié·e·s a cessé le travail, se retrouvant à l’entrée de l’établissement où des banderoles ont été érigées. « Généralement une poignée d’entre nous débrayent à certaines occasions, mais, aujourd’hui, peu manquent à l’appel » constate une prof. Comme elle, ses collègues, nombre d’AED, jusqu’aux CPE, mais aussi quelques parents d’élèves, tenaient à exprimer leur colère. Car pour encadrer et protéger au mieux les 450 élèves sous leur charge, ielles réclament l’embauche de deux surveillant·e·s et l’instauration d’une entrée spécifique. « Actuellement, il n’existe qu’un seul accès commun avec le lycée professionnel Jules-Haag/site Marceau. La configuration des lieux et le manque de ressources humaines ne parviennent pas à répondre aux enjeux posés, face aux violences qui explosent » expose une participant.
.

.
« Le souci, c’est que nous n’avons la maîtrise sur rien. Le bâti appartient à la région Bourgogne/Franche-Comté, alors que notre interlocuteur est le département du Doubs. Chacun se renvoie la balle, si bien que ça n’avance pas. L’année dernière, une bande armée s’est infiltrée à la recherche d’un adolescent. Ce n’est qu’après cela qu’un interphone a enfin été posé pour filtrer les flux au minimum, après avoir sans cesse réclamé un tel dispositif. Mais c’est très insuffisant, quand on sait que derrière, un individu s’était introduit pour s’en prendre à un enseignant en pleine salle de classe. Est-ce qu’on va attendre un nouveau drame pour réagir, que l’un·e d’entre nous se fasse poignarder ? Le plus frustrant, c’est qu’il existe déjà une ouverture latérale qui répondrait à nos attentes… Elle a été condamnée il y a plusieurs années, mais il suffirait de réaliser quelques travaux ! » complète un manifestant.
.


.
Une option refusée par le département qui oppose des « risques de sécurité », achevant l’incompréhension de protestataires qui estiment au contraire les aménagements propices. L’issue ne sera pas plus favorable auprès du DASEN quant aux moyens supplémentaires souhaités, malgré une rencontre « bienveillante ». « On a tout essayé pour être entendu·e·s, sans succès. Or, l’intégrité de gamin·e·s n’est pas négociable. Pendant que le maire Ludovic Fagaut fait sa com’ dans les écoles, le même politicien, avec sa casquette au conseil départemental, fuit ses responsabilités. Mais si une catastrophe survient, c’est aussi à lui qu’on réclamera des comptes ! On aimerait donc que l’ensemble des responsables viennent sur place, nous rencontrent, nous aident, afin qu’on reprenne collectivement le bon cap, faute de quoi la mobilisation se poursuivra » expose une fonctionnaire.
.
Toufik-de-Planoise
.
Illustration d’en-tête : Aperçu des enseignant·e·s et membres du personnel mobilisé·e·s, lors de la lecture d’un communiqué – Crédit : Toufik-de-Planoise.
